Les Annales du Disque-Monde, tome 1 : La huitième couleur

Titre : La huitième couleur
Cycle : Les Annales du Disque-Monde, tome 1
Auteur : Terry Pratchett
Éditeur : L’Atalante / Pocket
Date de publication : 1996 / 1997 (1983 en VO chez Colin Smythe)

Synopsis : Dans une dimension lointaine et passablement farfelue, un monde se balade à doss de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la carapce de la Grande Tortue. Oui, c’est le Disque-monde.
Les habitants de la cité d’Ankh-Morpork croyaient avoir tout vu. Et Deuxfleurs avait l’air tellement inoffensif, bonhomme chétif, fidèlement escorté par un Bagage de bois magique déambulant sur une myriade de petites jambes.
Tellement inoffensif que le Praticien avait chargé le calamiteux mage Rincevent de sa sécurité dans la cité quadrillée par la Guilde des Voleurs et celle des Assassins ; mission périlleuse qui devait les conduire loin : dans une caverne de dragons ; peut-être jusqu’au Bord du Disque.
Car Deuxfleurs était d’une espèce plus redoutable qu’on ne l’imaginait : c’était un touriste…
À la lumière de l’octarine, la huitième couleur, découvrez l’univers fantastique et cocasse de Terry Pratchett.

La foudre, ce sont les piques que se lancent les géants du tonnerre quand ils se battent, dit-il gentiment. C’est un fait météorologique reconnu.

Vous en avez marre du schéma ultra-classique d’une quête de fantasy où le héros agit gentiment, le méchant agit méchamment et vous voulez vous en moquer ? Les Annales du Disque-Monde par Terry Pratchett sont faites pour vous !

Il est loin le temps où la fantasy ne se résumait qu’à Tolkien et pourtant dans les années 1980 émerge un écrivain britannique qui se donne comme préférence de parodier les quêtes d’heroic fantasy à la mode « Seigneur des Anneaux ». Bien sûr, arrivés au début du XXIe siècle, la fantasy a connu plusieurs renouvellements d’envergure qui furent bienvenus ; pour autant, il est toujours intéressant de découvrir des écrits parodiques qui ont fait école par la suite. Ainsi, il faut voir les Annales du Disque-Monde comme de la fantasy parodique, mais d’abord et avant tout comme de la fantasy.

Ce premier tome nous fait suivre Rincevent, un mage raté dont l’esprit est hanté par un seul et même sortilège. Celui-ci devient par pur hasard le guide de Deuxfleurs, un agatien fortuné de la pire espèce… et oui, c’est un touriste ! Un tel concept dans une aventure relativement classique de fantasy, voilà bien le sel de ce premier tome et qui a inspiré Terry Pratchett : décaler l’angle de vue des romans « habituels » de fantasy (cette formulation n’est pas heureuse) qui ont tendance à nous faire viser des desseins glorieux. Ainsi, Rincevent ne cherche qu’à rester en vie, quand Deuxfleurs, lui, ne voudrait que découvrir un monde tout beau, tout gentil. Forcément, chaque aventure rencontrée est l’occasion pour eux de mettre leur principe de base à rude épreuve, qu’ils s’en rendent compte ou non d’ailleurs.

Toutefois, malgré cette histoire tout de suite exposée et qui nous tient tout du long de ce premier tome, il faut reconnaître que La Huitième couleur est avant tout un long résumé du fonctionnement de ce monde si particulier et volontiers loufoque qu’est le Disque-Monde. En effet, il faut bien quelques explications de l’auteur pour comprendre que le Disque-Monde repose sur quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur la Grande Tortue A’Tuin, qui vogue à travers l’espace sidéral. De nombreux principes généraux de ce monde, plus ou moins magiques, sont à découvrir, à commencer par l’organisation même de la magie (le système des couleurs, le fait que la lumière elle-même est plus lente qu’ailleurs, etc.), d’autant plus que les références placées habilement par l’auteur sont très nombreuses. Cet aspect de présentation limite forcément l’impact de l’histoire de ce premier tome, mais rend ce dernier un peu incontournable quand on cherche à entrer de plain-pied dans ce monde tordu et abracadabrantesque.

Un premier tome un peu confus ouvre donc ces Annales du Disque-Monde, mais je dirais que « c’est assez frais », suffisamment même pour nous emmener plus loin : il ne faut pas s’en tenir là.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3

Autres critiques : Boudicca (Le Bibliocosme) ; Chiwi (Les Balades livresques de Chiwi) ; Marion Godefroid-Richert (Mauvais genres)

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À propos de Dionysos

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine (@DenisPiel). Membre fondateur du Bibliocosme.

Publié le 16 mai 2017, dans Fantasy, et tagué , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 7 Commentaires.

  1. Clairement, les premiers tomes ne sont pas les meilleurs ! Et même, de manière plus générale, Rincevent n’est pas le héros qui soit le plus intéressant à suivre. Il est drôle pour démarrer mais d’autres le sont tout autant avec des évolutions autrement plus intéressantes que l’éternelle rengaine de la fuite éperdue.
    Heureusement que ça ne te décourage pas, en tout cas, et j’espère que tu trouveras davantage ton compte par la suite. 🙂

    • J’espère aussi. Tu me rassures en disant ça. J’ai déjà lu les trois premiers ; vu que je suis motivé, je vais acheter la suite régulièrement, autant que possible. 🙂

  2. Je n’ai pas du tout, du tout accroché. 🙂

  3. J’avais eu du mal avec les deux premiers tomes mais à partir du troisième: Equal Rites ( la huitième fille en français, celui avec les sorcières, j’espère que c’est bien le troisème) j’avais vraiment accroché ! il y en a qui n’ont pas de lien dans la continuité, comme Hogfather (aka le père Porcher) qui peuvent donc permettre de voir ce que l’univers donnera quelques temps plus tard.

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