Mickey Mouse – Café Zombo

Titre : Café Zombo
Série : Mickey Mouse
Auteur : Régis Loisel
Éditeur : Glénat
Date de publication : 2016 (novembre)

Synopsis : 1930, les États-Unis subissent la Grande Dépression. Comme tous les matins, Mickey et Horace font la queue devant le bureau pour l’embauche. Sauf qu’une fois de plus, il n’y a rien pour eux… Dépités, ils décident d’aller rendre visite à leur ami Donald pour se changer les idées. Au programme : camping au bord de la rivière avec leurs compagnes Minnie et Clarabelle. Sauf qu’à leur retour, ils ont la surprise de découvrir que la ville a complètement changé. Rock Fuller, un banquier véreux, a racheté toutes les propriétés du quartier et compte les raser afin de construire un terrain de golf. Pire encore, les travailleurs, embauchés en masse pour ce grand projet, sont devenus accros à une mystérieuse substance, « café Zombo », qui fait d’eux de véritables zombies !

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On n’a pas eu de travail, ni hier, ni aujourd’hui… On n’en aura pas demain… Alors écoutes… Fauchés pour fauchés, qu’est-ce qui nous empêche de nous donner du bon temps ? Pêcher, s’baigner, ça coûte rien, ça !

Retrouver Régis Loisel au dessin et plus seulement à l’écriture comme c’est le cas pour Le Grand Mort est toujours un immense plaisir. Nul besoin de présenter l’homme. Ayant pu discuter avec ce grand monsieur au FIBD d’Angoulême, celui-ci me confiait sans surprise qu’il avait grandi avec le Journal de Mickey et qu’il avait longtemps espéré avoir l’occasion de le dessiner un jour. Quel ne fut donc pas son plaisir quand J. Glénat, après avoir obtenu les droits du mythique personnage, lui confia la réalisation d’un album. Aussi l’attente fut longue de la part du public, et une fois dans nos mains, l’on se dit déjà que c’est un bien bel objet.

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Cet album est l’opportunité de retrouver toute une galerie de personnages de notre enfance plus ou moins lointaine. Que l’on soit jeune ou moins jeunes, tous, nous avons grandi de près ou de loin avec Mickey, Donald, Dingo, Pluto, Pat Hibulaire et bien d’autres encore. Le scénario de Loisel reste enraciné dans les années trente et se déroule sur fond de crise suivant le fameux jeudi noir de la fin 1929. Le chômage explose aux États-Unis. Dans la petite ville, tous les hommes font la queue pour espérer décrocher un emploi sur le tout récent chantier de construction. Les femmes, qui elles demeurent au foyer en tant que bonnes ménagères (mais qui finalement tiennent la barre), désespèrent de voir leurs maris désœuvrés. On est bien en 1930, mais ce fond de crise n’est pas sans faire écho, par ailleurs, à l’actualité.

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L’histoire de Café Zombo, puisque c’est le titre de cet album, se divise en deux temps. Mickey et Horace, confrontés malgré eux au chômage, n’en décident pas moins de partir camper chez Donald pour prendre un peu de bon temps. Cette première partie est sans doute la plus réussie du récit. Il y règne une atmosphère bon enfant et festive où l’on se plait à retrouver les célèbres personnages. S’y succèdent quelques petits gags classiques mais bien écris et de bon aloi qui, s’ils n’ont pas pour but de nous faire écrouler de rire, nous font sourire et nous rappellent de lointaines lectures. Parce que oui, Café Zombo, c’est avant tout un album hommage, fidèle à l’univers créé par Walt Disney. La seconde partie est quant à elle un peu plus décevante. Pourtant, Loisel s’en donne à cœur joie pour dénoncer le capitalisme galopant à travers les expropriations, la pression subie par les ouvriers et les magouilles des patrons. Déboisement, débroussaillage sont tout autant dénoncés. Il n’empêche qu’au terme de la lecture, il demeure un petit goût d’inachevé. Malgré une dernière pique lancée en conclusion, on aurait aimé que cela aille encore plus loin. C’est néanmoins réussi. Non, là où le bât blesse à mon avis, c’est le moyen par lequel Loisel fait avancer son récit au milieu de la lecture. Le Café Zombo justement, me semble un peu léger. Il n’en sera pas dit plus à ce sujet pour ne pas spoiler, mais c’est un peu facile. Petit bémol, pour terminer, sur la très longue scène d’action de la fin, plaisante, mais qui s’étend.

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Lorsque l’on pose nos petites mains avides sur un album de Loisel, on en attend aussi un dessin flamboyant. Et là, force est de constater que Café Zombo est sublime. Par son format original de prime abord, à l’italienne, très agréable, même si dans une bibliothèque déjà bien remplie se pose la question du rangement (question triviale s’il en est). La couverture, elle aussi, est très réussie et ne donne que l’envie de se plonger dans la lecture. Sitôt passée cette dernière, avant même le début du récit, Loisel accueille son lecteur avec une double page grandiose sur des tons sépia, concentré des personnages et de quelques actions que l’on retrouvera plus tard. Magnifique. Et c’est parti, on rentre dans l’histoire de Café Zombo avec ses couleurs dé-saturées pour leur donner un effet vieilli, chatoyantes parfois et qui viennent donner vie aux cases de Loisel. Enfin, tout, dans le dessin de Loisel, donne vie à la BD. Une véritable science du mouvement et du découpage qui insufflent une belle dose de dynamisme aux scènes d’actions, nombreuses (peut-être trop sur la fin). Et que dire encore des personnages, de leurs expressions, ou des décors, avec des premiers plans et des arrière-plan aussi construis, chers à Loisel, que le cœur même de la case. On s’attarde sur chaque vignette pour mieux en apprécier les détails. Génial. D’un bout à l’autre c’est génial. On prend tellement de plaisir à voir Dingo se faire assommer, Pat Hibulaire tenter de piéger Mickey comme à son habitude. En refermant Café Zombo, une chose m’attriste : je n’ai pas de dédicace dessinée de Loisel. A vot’ bon coeur, msieurs dames!

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D’un point de vue purement graphique, Café Zombo est une merveille et jamais on ne se lasse de feuilleter une telle pépite. L’écriture vient toutefois contraster le bilan de cet album, très respectueux de l’univers original de Disney, mais trop classique peut-être.

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À propos de Casper

Elevé à l'université kaamelott option Simpson, plus ou moins historien moderniste, geek invétéré (on ne se refait pas). Revenu il y a fort longtemps à la bande dessinée par le manga, et tombé désormais dans la marmite BD-comics-manga, s'essaye à la chronique.

Publié le 11 mai 2017, dans Jeunesse - Young Adult, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. On retrouve les dessins de l’époque, celle où Mickey était mieux que celui des années 2000, je trouve. Moins lisse, pour moi.

    Dommage qu’il n’ait pas plus creusé, parce que j’aurais été vachement intéressée de le lire !

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