La Porte des éons, tome 1 : Le livre des abysses

Titre : Le livre des abysses
Cycle : La porte des éons, tome 1
Auteur : Sam Sykes
Éditeur : Fleuve noir
Date de publication : 2011

Synopsis : La vie est rude pour les aventuriers. En particulier pour Lenk, flanqué de cinq irascibles compagnons qui préfèrent s’entredéchirer plutôt que d’affronter leurs ennemis communs. Mais le jeune homme doit aussi composer avec une voix qu’il est le seul à entendre et qui ne nourrit qu’une obsession : tuer, encore et encore. Face à une telle bande de mécréants et aux troubles de la personnalité de leur prétendu chef, qui serait assez fou pour les charger de retrouver le Codex de l’Outremonde, un artefact à même de libérer la Reine Kraken qui hante les abysses ? Mais à situation désespérée…

-Faire des provisions ne devrait pas poser de problème. Rien qu’avec ce que Gariath est probablement capable de renifler…
En entendant d’énormes pieds faire crisser le sable, il leva les yeux juste à temps pour voir l’homme dragon tourner le dos à ses compagnons et s’éloigner à grands pas le long de la plage, son museau se redressant de temps à autre, les narines frémissantes.
-Ah, vous voyez, fit Lenk avec un sourire suffisant. Voilà quelqu’un qui a l’esprit d’équipe. Il a déjà repéré de la nourriture.
-Vous pouvez tous crever, répliqua calmement Gariath sans se retourner. Je suis une autre piste.
-Laquelle?
-Va mourir.
-Ah. (Lenk fronça les sourcils) Il est de mauvaise humeur.

 

Premier roman de Sam Sykes, « Le Livre des Abysses » marque le début d’une trilogie de fantasy se voulant atypique mais qui manque malheureusement d’arguments pour convaincre. L’intrigue commençait pourtant de belle manière, plongeant le lecteur dans un combat en pleine mer opposant un équipage et le groupe de mercenaires à son bord à de peu ragoûtantes créatures marines. Mais très vite le récit s’enlise : la bataille s’éternise, les scènes se font répétitives, et on éprouve quelques difficultés à comprendre les motivations des différents acteurs, à commencer par celles du groupe d’aventuriers que l’on va suivre tout au long de cette trilogie. Guerrier, assassin, guérisseuse, magicien : les profils sont variés et la plupart n’ont rien à voir avec les beaux et gentils héros traditionnels, ce qui est plutôt bon signe. L’auteur n’a à ce sujet jamais caché sa volonté de s’inspirer de deux mastodontes de la fantasy (Scott Lynch et Joe Abercrombie), malheureusement le résultat est loin d’être à la hauteur. Le principal problème tient à l’animosité constante qui règne entre les aventuriers dont les sempiternelles chamailleries ne tardent pas à devenir lassantes. Les taquineries et les échanges mordants, je n’ai jamais rien contre, mais seulement si on sent qu’un lien véritable unit les personnages. Or, étant donné la profonde mésentente qui règne au sein du groupe, la seule émotion que parvient à faire naître l’auteur est de l’incompréhension : mais pourquoi donc ne se séparent-ils pas puisqu’ils ont de toute évidence le plus grand mal à se supporter ?

On pourrait malgré tout être tenté de pardonner ces maladresses si l’univers se révélait vraiment bien construit et digne d’intérêt… mais c’est également mal parti pour le moment. L’auteur se révèle en effet plutôt avare en détails, optant pour un univers très minimaliste dont on peine pour l’instant à imaginer l’étendu ou la complexité. On passe en effet le premier gros tiers du roman à bord d’un navire tandis que tout le reste du récit se déroule sur une petite île déserte dont on ne sait presque rien et dont on a vite fait le tour. Difficile dans ces circonstances de vraiment se sentir impliqué dans l’histoire, même si quelques dialogues suggèrent l’existence d’un monde plus vaste et sans doute plus intéressant que l’aperçu limité qui nous est donné ici. Parmi les points positifs, citons malgré tout un bestiaire plus développé que le reste (les Abysmyths sont tout de même une belle trouvaille) qui constitue sans aucun doute la meilleure surprise du roman. Car l’intrigue ne compte pas non plus parmi les points forts de ce premier tome : c’est finalement assez classique (une quête pour retrouver un mystérieux artefact magique, on a déjà vu plus original…), assez brouillon et surtout (et c’est là le plus embêtant) assez assommant. On pourrait là encore tolérer ces petits problèmes de rythme si le roman n’était pas un véritable pavé comptabilisant près de six cent pages…

 

Sam Sykes signe avec ce « Livre des Abysses » un premier tome poussif et bourré de maladresses qui décourageront plus d’un lecteur de poursuivre leur découverte de cette trilogie. Outre un univers trop minimaliste, le principal défaut du roman tient à ses personnages qui pourraient être intéressants s’ils n’étaient pas constamment occupés à se quereller puérilement pour tout et n’importe quoi.

Voir aussi : Tome 2 ; Tome 3

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Publié le 2 avril 2017, dans Fantasy, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. J’en garde un mauvais souvenir… J’avais réussi à aller au bout, mais je me suis forcé…
    Pas de worldbuilding, beaucoup de combats (combat, pause, combat, pause, combat, pause…), seulement trois lieux différents sur un bouquin de presque 600 pages…
    Non vraiment, je me suis abstenu pour la suite ! 😀

    • Je ne sais pas pourquoi mais j’avais acheté les trois tomes d’un coup (pas malin !). Je les ai donc tous lu et le niveau ne s’améliore malheureusement pas :-s Contente de voir que je ne suis pas la seule à ne pas avoir accroché

  2. Heu…. tu ne me tentes pas sur ce coup.
    Les 3 tomes d’un coup, dommaaaage.

  3. Tu es bien courageuse d’avoir lu les 3 après un début pareil!

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