Le maître d’armes

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Titre : Le maître d’armes
Scénariste : Xavier Dorison
Dessinateur : Joël Parnotte
Éditeur : Dargaud
Date de publication : 2015

Synopsis : 1537. Au fin fond des montagnes perdues du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable : à deux contre trente, le destin du jeune homme et du vieux Hans Stalhoffer semble scellé. Sauf que Hans n’est pas une proie comme les autres ; il est l’ancien maître d’armes de François Ier… Et la proie est bien décidée à devenir le chasseur.

Note 3.0

-Vous avez de la chance de savoir lire ! Les paroles du Seigneur, ça doit être magnifique non ?
-C’est surtout incroyable qu’on tue pour elles.

 

Royaume de France. Milieu du XVIe siècle. L’Europe connaît de grands bouleversements d’ordre religieux qui divisent la population : d’un côté les catholiques, respectueux de l’Église et de son autorité séculaire, de l’autre les protestants, partisans d’une vaste réforme qui engendrerait de profonds changements à la fois dans le clergé mais aussi chez les simples pratiquants. C’est dans ce contexte troublé que l’on fait la connaissance d’un certain Hans Stalhoffer, exilé loin de la cour suite à la perte de sa fonction de maître d’armes du roi au profit du vil Maleztraza. Retranché dans un endroit reculé du Jura, notre guerrier n’en a toutefois pas terminé avec son passé qui ne tarde pas à revenir le hanter sous la forme d’un vieil ami cherchant à mener à bien une délicate mission. En dépit de son désintérêt complet pour la cause défendue par son ancien compagnon, le voici donc mêlé à une dangereuse entreprise visant à faire passer en Suisse un exemplaire de la Bible traduite pour la première fois en français. Car s’il y a bien un sujet sur lequel catholiques et protestants ne parviennent pas à s’entendre, c’est celui de la nécessité pour les fidèles de comprendre les paroles saintes jusqu’à présent écrites en latin et donc uniquement accessibles au clergé. Inutile et dangereuse pour les premiers, essentielle pour les autres, l’idée d’une traduction en langue vulgaire fait en tout cas couler autant d’encre que de sang. Vous l’aurez compris, la guerre à laquelle se livrent catholiques et protestants est ici au cœur du récit qui parvient en peu de mots à brosser un portrait plutôt complet du contexte de l’époque.

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Mais ce ne sont pas uniquement deux religions qui s’opposent mais aussi deux techniques martiales, et finalement deux époques : « En ces temps indécis, les ténèbres du Moyen Age tentent d’étouffer les premières lueurs de la Renaissance. Un nouveau monde va éclore… ou être brisé dans l’œuf. Qui triomphera ? La médecine de Vésale, les textes d’Aristote, l’imprimerie de Gutenberg… ou les bûchers des obscurantistes ? » On peut regretter une présentation parfois un peu trop caricaturale des choses mais dans l’ensemble le scénario tient la route et adopte même rapidement un rythme assez soutenu. Le principal point fort de l’ouvrage réside cela dit dans ses graphismes. Personnages expressifs, magnifiques décors enneigés, et surtout combats impressionnants : les dessins de Joël Parnotte sont saisissants et la reconstitution là encore très soignée. On n’est d’ailleurs guère surpris de découvrir au début de l’ouvrage que les artistes ont fait appel aux conseils d’un véritable maître d’armes (ou plus précisément d’un « instructeur en arts martiaux historiques européens ») et que le nom du personnage fait référence à l’un des plus célèbres maîtres escrimeurs du XVe (Hanz Talhoffer, auteur de plusieurs traités relatifs aux arts du combat). Car ce sont enfin deux armes qui se font face, l’épée et la rapière : l’une s’obtient « au prix de victoires au champ d’honneur », l’autre « s’achète pour vingt sous et ne sert que celui qui la porte ». Autant vous dire que la confrontation finale opposant Stalhoffer et Maleztraza est assez spectaculaire !

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Xavier Dorison et Joël Parnotte signent avec « Le maître d’armes » une bande dessinée visuellement très réussie faisant la part belle aux scènes de combats représentées avec soin et efficacité. Le scénario nous offre quant à lui une histoire prenante menée tambour battant qui n’est certes pas exempt de défauts mais que l’on prend plaisir à découvrir.

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Publié le 20 février 2017, dans Histoire, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Oh ! Ça a l’air vraiment chouette ! Je ne suis pas totalement convaincue par le dessin. Mais l’intrigue historique… Comment passer à côté. 😊 Je note la référence !
    Merci pour la chronique. 😄

  2. Merde alors, je viens de la lire aujourd’hui !! 😀 Mais je lui collerai une étoile de plus, j’ai adoré !! Superbes dessins je trouve.

    • Les grands esprits se rencontrent ^^ J’ai bien aimé les graphismes aussi mais j’ai trouvé que ça manquait un peu de rythme par moment.

      • Pas trouvé de manque dans le rythme, comme quoi… 😀

        Le graphisme super, oui ! Et quelle aventure pour une bible qui pourrait être lue par tous. On ne sent rend toujours pas compte, à notre époque, de ce que ce fut comme avancée et comme prise de risques.

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