Un Fauve

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Titre : Un Fauve
Auteur : Enguerrand Guépy
Éditeur : Éditions du Rocher
Date : 2016

Synopsis : Depuis plusieurs mois, P. Dewaere ne boit plus d’alcool, ne prend plus de drogues et s’impose un régime strict. A quelques heures de débuter un tournage sous la direction de C. Lelouch, le comédien prend un taxi qui le mène aux Champs-Elysées. Hanté par ses souvenirs, sa paranoïa et ses frustrations, il tente de faire taire ses démons.

Note 3.5

Six fois on lui avait promis la statuette dégoulinante de narcissisme frelaté et six fois, il était reparti bredouille, vilain petit canard de la profession.

« Un fauve » c’est Patrick Dewaere. Enguerrand Guépy se glisse dans la peau de l’acteur en ce funeste 16 juillet 1982 : Dewaere doit rejoindre l’équipe du film ce jour là sur les Champs Elysées. Depuis que Claude Lelouch l’a choisi pour jouer Marcel Cerdan, l’acteur s’est plié à un entrainement et une abstinence draconiens. Mais peu à peu, alors que l’échéance approche, des petits riens plongent l’acteur dans le doute. Bien sur, on sait tous le drame qui adviendra de cette journée, pourtant E. Guépy en fait un récit alerte et tendu. Il nous plonge dans les doutes, le mal être, la souffrance qui empoisonnent le sulfureux acteur. « Edith et Marcel » lui paraît comme la dernière chance de gommer l’image négative qu’il renvoie dans la profession et les médias. Mais son autodestruction et ses démons sont là, prêts à bondir à la moindre faiblesse (pour reprendre une expression pugilistique) s’il lui prenait de baisser la garde.

Dans un style fiévreux qui se lit d’une traite, Enguerrand Guépy se glisse dans la conscience de cet acteur fragile, souvent incompris. Petit à petit, la peur s’insinue, les mauvais moments reviennent le hanter. Les mots de l’auteur pour clore son livre expliquent les raisons qui l’ont amené dans les pas de Patrick Dewaere  : « Le présentateur annonce de façon laconique le suicide de l’acteur. Pour je ne sais quelle raison mystérieuse, je suis bouleversé … J’ai la sensation que nous nous connaissons depuis toujours… Depuis, il revient régulièrement me hanter comme un frère parti fâché et contre lequel je me suis barricadé. Aujourd’hui, j’ai enfin décidé de lui ouvrir la porte. »

Moi, à l’époque, j’avais 19 ans, Patrick Dewaere était mon acteur préféré, un grand frère de cœur pour moi aussi : je pense souvent à lui.

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Publié le 25 octobre 2016, dans Récit contemporain, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 4 Commentaires.

  1. labibliotheque2016

    Wow! Il m’intéresse beaucoup ce roman! Je le met dans ma Pile à Lire ! 🙂 Excellente chronique 😀

  2. C’était un acteur d’une sensibilité incroyable, et que j’ai toujours beaucoup aimé !
    Belle chronique, qui me touche et me donne envie de lire ce livre, merci 🙂

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