J’ai longtemps eu peur de la nuit

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Titre : J’ai longtemps eu peur de la nuit
Auteur : Yasmine Ghata
Éditeur : Robert Laffont Editions
Date de publication : 18 août 2016

Synopsis : Tout commence lorsque Suzanne, qui anime des ateliers d’écriture, demande à chacun de ses élèves d’apporter un objet de famille susceptible d’illustrer sa vie personnelle. L’un d’entre eux, Arsène, un orphelin rwandais réfugié en France après avoir réussi à échapper aux massacres qui ont ensanglanté son pays, doit avouer qu’il ne possède rien d’autre qu’une valise qui lui a servi d’abri durant sa fuite. C’est à partir de cet objet singulier que Suzanne va le convaincre de lui raconter son itinéraire et de lui livrer le secret de sa jeune existence. L’exercice devient pour Arsène le moyen d’exorciser sa « peur de la nuit » et de renouer les fils d’une identité dévastée, tandis que Suzanne accomplit son propre rituel du souvenir en revenant, pour un ultime adieu, sur les traces d’un père prématurément disparu. Par la grâce de l’écriture et de l’imaginaire.

Note 3.5

Cet objet souvent oublié, rarement beau, est gardé par devoir, par respect pour les ancêtres. Il n’est en réalité qu’objet de deuil. Les élèves ne peuvent s’empêcher de le toucher, de le scruter dans ses moindres plis comme s’il allait exaucer un vœu, produire un miracle.

Première lecture de Yasmine Ghata et belle impression pour ce roman de la rentrée 2016 paru chez Robert Laffont.

Arsène est un petit garçon d’origine rwandaise qui a vu et vécu ce qu’aucun humain ne devrait voir. Sauvé par une ONG, Arsène est recueillis par un couple à Paris. Face au traumatisme, Arsène raconte son histoire à Suzanne animatrice d’un atelier d’écriture. Les mots et le temps peuvent-ils cicatriser les plaies, atténuer le vide affectif ? D’une écriture sensible, Yasmine Ghata revient sur l’une des horreurs du vingtième siècle, le génocide rwandais. A travers ce petit garçon et d’une valise, seul objet emporté dans sa fuite, l’auteur décrit l’horreur sous la bienveillance ou le silence occidental. Ce petit bonhomme, on a envie de le prendre dans nos bras pour le protéger de la folie des hommes. Le roman ne sombre jamais dans la sensiblerie mais décrit avec justesse l’envie de vivre d’Arsène, au nom des siens disparus. Un seul bémol, l’histoire de Suzanne paraît bien fade par rapport au drame d’Arsène. Moi qui vient de finir un Nathacha Appanah, je trouve une similitude dans l’écriture.

Un livre sur l’exil, le deuil, la reconstruction (est-elle vraiment possible ?), un texte sensible et une jolie plume.

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Publié le 1 octobre 2016, dans Histoire, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 1 Commentaire.

  1. « Sauvé par une ONG »…plutôt…

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