Felix Funicello et le miracle des nichons

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Titre : Felix Funicello et le miracle des nichons (Wishin’ and Hopin’)
Auteur : Willy Lamb
Éditeur : Belfond (fiche officielle)
Date de publication : 1er septembre 2016 (2009 en VO chez HarperCollins)

Synopsis : Avec en toile de fond l’Amérique provinciale des sixties, la chronique truculente du passage à l’adolescence du jeune Felix. Bourré de tendresse et de nostalgie, un roman d’apprentissage à se tordre de rire.
Nous sommes en 1964. Le rêve américain brille de mille feux, les Beatles sèment l’hystérie sur leur passage et Felix Funicello, dix ans, se morfond dans la très catholique école Saint-Louis-de-Gonzague, dirigée de main de fer par la redoutable soeur Dymphna.
Une année de plus à s’ennuyer ferme ? Pas si sûr. Pour une sombre histoire de boulettes de papier et de chauve-souris, soeur Dymphna est envoyée en maison de repos et remplacée par un ange. Ou plutôt par une Québécoise, Mlle Marguerite, talons hauts, jupe fendue et sourire irrésistible. Presque aussitôt suivie par Zhenya, écolière russe au caractère bien trempé et à l’éducation sexuelle très avancée…
Entre la découverte du french kiss et les premiers frissons de l’école buissonnière, Felix va vivre une année de CM2 inoubliable…

Note 2.0

L’autre jour, j’ai emmené ma poule au bal, a commencé Chino. Je l’ai embrassée entre les morceaux et elle m’a embrassée entre les valseuses.

Felix Funicello est un petit fripon mais très naïf. Depuis le fin fond du Connecticut, ce fils d’un tenancier de bar et d’une cuisinière hors pair s’apprête à vivre une nouvelle année morne à l’école Saint-Louis-de-Gonzague de Trois Rivières, institution très catholique où les nonnes règnent sur les salles de classe et les prêtres sur le confessionnal.

Wally Lamb nous convie à vivre quatre mois de la vie d’un petit garçon des années 1960 dans une Amérique puritaine où pourtant les tentations sont grandes pour apprendre à grandir plus vite que la normale. À l’époque des Beatles, du président Johnson et de Cassius Clay, il fait bon découvrir l’adolescence même si à l’école tout n’est pas si rose. En effet, au fil des quatre premiers mois de son année scolaire de CM2, Felix va débuter par des moments loin de tout repos pour son jeune esprit. La découverte de la sexualité des adultes, l’espérance de la notoriété, la peur de la punition sont autant de prétextes scénaristiques pour tester les réactions d’un enfant d’une dizaine d’années. Deux-trois passages à la télé et quelques bêtises plus tard, ce roman se termine de façon un peu abrupte comme s’il n’y avait pas eu de but à cette écriture. D’accord, nous sommes dans une « évocation » d’une époque qui semble faire fantasmer outre-Atlantique, mais malgré tout, on pouvait s’attendre à un peu plus de profondeur et de recherche dans l’évocation (j’insiste sur ce terme) du quotidien d’une école américaine catholique.

En plus de cela, j’aurais plus tendance à me poser tout un tas de questions sur les choix de l’auteur que sur les éventuelles péripéties du scénario. Petit florilège au débotté… Je passe volontairement sur ce « miracle des nichons », car le titre original n’en fait pas mention (Wishin’ and Hopin’) et il est plutôt question ici de choses en-dessous de la ceinture qu’au-dessus. En revanche, pourquoi donc l’auteur s’amuse-t-il à glisser une critique de l’éducation privée catholique aux États-Unis sans s’en servir véritablement à l’heure de la conclusion ? Et on pourrait pointer quantité de détails juste esquissés et surtout sous-utilisés, alors qu’il y aurait sûrement eu de quoi ficeler une intrigue plus fournie et plus soutenue. Enfin, pourquoi la traductrice (Catherine Gibert en l’occurrence) a-t-elle opté pour le « CM2 » au lieu de la classe de 5e (échelon ou niveau, vu que Felix est en « 5th Grade » ? Certes, le lecteur aurait pu mélanger avec la « Cinquième » française, mais on sait quand même s’adapter, non ? Bref, ce dernier point est à l’image de mon ressenti global : il n’y a rien de très gênant dans ces pages, mais rien de très accrocheur non plus, et encore moins d’inoubliable, alors même que cela se lit en vitesse.

Heureusement, pour sûr, ce roman n’est pas dénué d’une sensibilité certaine, faite de moments simples mais joyeux, et d’actes honteux mais marquants. Comme la vie, en fait. C’est sûrement ce qui peut motiver des lecteurs davantage marqués par la joyeuseté de cette jeunesse naïve. Même si on peut attendre davantage de réflexion d’un roman sur la jeunesse subissant l’éducation religieuse de professeurs comme cette Sœur Dymphna, le cadre est bon enfant et attrayant, car mine de rien, il est plutôt familier avec cette famille Funicello très portée sur le pouvoir de la télévision, mais malgré tout très humaine.

Globalement, c’est donc une déception que cette petite histoire sur Felix Funicello ; le pitch pouvait être accrocheur, mais au bout du compte, il ne me restera pas grand-chose en tête de cette lecture. La simplicité est touchante, mais pas suffisante pour le coup.

Autres critiques :

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À propos de Dionysos

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, essais historiques, littératures de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine (@DenisPiel). Membre fondateur du Bibliocosme.

Publié le 30 septembre 2016, dans Récit contemporain, et tagué , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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