L’épée de l’hiver

L'épée de l'hiver

Titre : L’épée de l’hiver
Auteur : Marta Randall
Éditeur : Les Moutons Électriques
Date de publication : 2016 (mai)

Synopsis : Dans le pays glacé de Cherek, lord Gambin de Jentesi va mourir et le chaos menace. Durant les quatre décennies de sa toute-puissance, Gambin a tenu sa province d’une main de fer. Tandis que complotent ses quatre héritiers possibles, le peuple de Cherek observe avec inquiétude les péripéties de la passation de pouvoir. Car si la puissance de Gambin passe tout entière à ses héritiers, Cherek risque de voir compromises les promesses d’un avenir meilleur et de retomber dans l’obscurantisme. Dans cette atmosphère empoisonnée, un tissu d’intrigues se tisse autour de Lyeth, femme lige du seigneur de Jentesi, qui déteste l’homme cruel qu’elle a servi.

Note 3.0

 

Outre la suite des « Sentiers des astres » de Stefan Platteau, on pouvait trouver ce mois-ci chez les Moutons Électriques la réédition d’un roman de Marta Randall datant de 1983 : « L’épée de l’hiver ». Si l’objet est comme toujours extrêmement soigné (typographie, illustration de couverture…), le contenu m’a en revanche un peu moins convaincu. Le pitch est pourtant intéressant : un seigneur craint mais peu aimé de ses sujets est en passe de succomber et tarde à désigner un héritier parmi les quatre ambitieux en lice. Le suspens entretenu par le moribond ne tarde pas à mettre tout le château à cran et encourage évidemment les potentiels héritiers à multiplier complots et coups bas afin de retourner la situation à leur avantage. C’est dans ce contexte tendu qu’on fait la rencontre de Lyeth, cavalière attitrée du souverain mourant qui voit dans la mort de son suzerain une formidable opportunité de retrouver sa liberté mais qui déchante rapidement face aux manœuvres avancées par les quatre concurrents. Là où le bât blesse, c’est que le roman ne nous offre que le point de vue du protagoniste autour duquel gravite un certain nombre de personnages prometteurs qui auraient gagner à être davantage mis en avant afin d’enrichir le récit.

Lyeth est pour sa part une héroïne assez atypique (rarement de bonne humeur et souvent grossière) mais qui se révèle finalement attachante, peut-être justement en raison de son côté un peu mal dégrossi qu’il est rare de trouver chez un personnage féminin. Certaines de ses réactions sont cependant un peu incongrues, voire même carrément disproportionnées dès lors qu’il est question du jeune garçon dont elle fait la rencontre au début du roman. On comprend mal en effet ce féroce amour maternel développé au bout d’une semaine et qui, au lieu de rendre le personnage plus sensible et plus touchant, le rend au contraire moins convainquant. Le roman n’a toutefois pas que des défauts si bien qu’on se prend malgré tout au jeu de l’intrigue dont le rythme s’accélère notablement dans la seconde moitié de l’ouvrage. L’ambiance dans laquelle baigne le récit ne laisse pas non plus indifférent et à ce titre la couverture est parfaitement réussie : les personnages évoluent dans un décor glacial qui donne à ce château isolé et labyrinthique un petit côté inquiétant et oppressant qui n’est curieusement pas désagréable. L’auteur reste toutefois assez vague en ce qui concerne le reste de son univers même si les amateurs apprécieront de déceler ici où là quelques références au courant steampunk.

 

Malgré quelques défauts liés au rythme du récit et à la personnalité du personnage principal, on prend un plaisir certain à se plonger dans cet univers glacé intriguant à plus d’un titre. Dommage cependant que la fin (prévisible et mièvre au possible) nous fasse refermer l’ouvrage sur une note un peu plus nuancée.

Autres critiques : Goupil (Chroniques littéraires de Goupil) ; Saffron (Elbakin)

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Publié le 25 mai 2016, dans Fantasy, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 11 Commentaires.

  1. Ah dommage, je l’avais repéré celui-ci mais sans voir d’avis passer dessus, je suis sûre que ça me plaise au final.

  2. Eh bien moi, ça ne me décourage pas. JE pense pouvoir passer par dessus ces déf

  3. … hum, je disais donc (avant d’appuyer malencontreusement sur une touche agaçante), que je pensais que les défauts ne me gêneraient pas trop, dans la mesure où l’ambiance et l’intrigue semblent réussies !

  4. Je ne sais finalement pas trop. D’un côté il y a des points très positifs sur mes tablettes, et de l’autres les défauts que tu mentionnes. Je vais attendre et voir.

  5. Dans tous les cas, quelle couverture magnifique !

  6. Ah dommage, ça me tentait pas mal…
    J’attendrai peut-être un version poche, voire une occasion si je tombe dessus…

    • Ça reste quand même un bon divertissement (même si je n’en garderai surement pas un souvenir impérissable). Je m’en voudrais de te décourager 🙂

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