Alouettes

Alouettes

Titre : Alouettes
Auteur : Jeanne A. Debats
Éditeur : ActuSF (Les Trois Souhaits)
Date de publication : 2016 (mars)

Synopsis : Je m’appelle Agnès, et je suis orpheline. Ah ! Et sorcière, aussi. Mon oncle m’a engagée dans son étude notariale. Ne croyez pas que le job soit ennuyeux, en fait, ce serait plutôt le contraire. En ce moment, tout l’AlterMonde est en émoi à cause d’une épidémie de Roméo et Juliette. Imaginez : des zombies tombant amoureux de licornes, des vampires roucoulant avec des kitsune, des sirènes jurant un amour éternel à des garous. Et tout ce beau monde défile dans notre étude pour se passer la bague au doigt. Mais la situation commence à sérieusement agacer les hautes autorités. Et comme l’AlterMonde n’est pas Vérone, à nous de faire en sorte que cette fois l’histoire ne se termine pas dans un bain de sang…

Note 4.0

-Ne me dis pas que le jeune abruti d’hier est ton gamin ? fit Géraud d’un ton las en lui désignant un siège.
-C’est ce que sa mère a toujours prétendu, confirma-t-il. Je t’avoue que j’aurais préféré qu’il soit du palefrenier.
-Ça reste entre nous, l’assura mon oncle. Tu l’as changé quand ?
-Le jour de ses quinze ans, et en trois siècles il n’a pas bougé d’un iota, toujours aussi con.

 

« Les Roméo et Juliette, c’est embrouilles à la pelleteuse garanties sur facture. » Triste constat qu’on doit à Agnès, jeune sorcière aux pouvoirs inhabituels qui se retrouve confrontée dans le cadre de son travail à toute une flopée de couples maudits bien décidés à officialiser leur union. L’affaire n’est déjà pas simple lorsqu’il est question d’humains, alors dans le cas de créatures surnaturelles je vous laisse imaginer le bazar. Parce qu’autant la perspective d’une union entre une licorne et un zombie peut bien faire marrer les lecteurs, autant la pilule a du mal à passer du côté des familles des tourtereaux. On avait déjà fait la connaissance d’Agnès lors d’un précédent roman (« L’Héritière ») dans lequel Jeanne A. Debats n’hésitait déjà pas à détourner certains codes du genre pour un résultat particulièrement plaisant. Et bien dites-vous que ce n’était rien comparé à ce deuxième tome qui se révèle encore plus déjanté. Premier bon point : tous les ingrédients de la bit-lit traditionnels sont bel et bien là mais assaisonnés d’une bonne dose de dérision et d’exagération. C’est bien simple, tout est lié au sexe ! L’héroïne y pense constamment (il faut dire aussi qu’elle est entourée de beaux spécimens pas franchement pudiques) et même ses investigations dans le cadre de son travail ne parviennent pas à la détourner du sujet puisqu’il y est question de résoudre le mystère de la disparition d’un god magique… Ça pourrait être très lourd et complètement raté mais l’auteur nous présente le tout avec un tel aplomb et un tel humour qu’on se laisse aisément prendre au jeu.

Agnès est pour sa part une héroïne attachante, davantage d’ailleurs que dans le tome précédent car plus mature et plus lucide (le côté « rondeurs plus ou moins assumées selon les jours » participe aussi, avouons-le, à la rendre d’emblée sympathique). Tout juste pourrait-on regretter parfois une trop grande passivité de sa part, notamment lors des scènes d’action qui donnent cela dit l’occasion de mettre Navarre en avant. A ceux à qui le nom du personnage n’évoquerait rien, je vous conseille d’aller fissa découvrir « Métaphysique du vampire » ainsi que les différentes nouvelles mettant en scène le caustique immortel. Quant à ceux qui seraient déjà familiers du personnage, vous apprécierez certainement les petits clins d’œils à ses précédentes aventures. Les autres membres de l’équipe sont également très réussis, qu’il s’agisse de l’exubérante Zalia (roussalka de son état) et bien sûr de Géraud, gentleman aux manières irréprochables pour lequel j’avoue avoir un petit faible. Le style de l’auteur est quant à lui toujours aussi plaisant : certaines des réflexions du protagoniste ne manquent par exemple pas de piquant, qu’elle s’exprime à propos de fidélité, de jalousie ou encore des ados qui en prennent (gentiment) pour leur grade (le côté prof, ça, je comprends). Jeanne A. Debats profite également de l’occasion pour aborder à plusieurs reprises les (gros) progrès qu’il nous reste encore à faire concernant l’égalité homme/femme : c’est dit avec humour et légèreté mais c’est dit.

 

Un deuxième tome plus qu’à la hauteur dans lequel l’auteur tente un pari plutôt osé mais finalement payant. On s’amuse beaucoup au cours de cette lecture que je ne peux que vous conseiller si vous voulez passer un agréable moment de détente. Inutile de préciser que je serais plus que ravie de retrouver Agnès et Navarre pour de nouvelles aventures…

Voir aussi : Tome 1

Autres critiques : Blackwolf (Blog-O-Livre) ; Joyeux-drille (Appuyez sur la touche lecture) ; Marie Juliet (Les lectures de Marie Juliet) ; Oriane (La pile à lire) ; Sia (Encres & Calames) ; Strega (Les carnets de lecture d’une livropathe)

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Publié le 17 avril 2016, dans Fantasy, et tagué , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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