Alexandra David-Néel : Les chemins de Lhassa

Alexandra David-Néel

Titre : Alexandra David-Néel : Les chemins de Lhassa
Scénariste : Christian Perrissin
Dessinateur : Boro Pavlovic
Éditeur : Glénat (Explora) (fiche officielle)
Date de publication : 2 mars 2016

Synopsis : Gyantsé – Tibet, mai 1924. David MacDonald, agent de l’empire britannique, reçoit la visite d’un jeune lama et d’une européenne. Voilà 13 ans qu’Alexandra David-Néel parcourt l’Asie, accompagnée d’Aphur, son boy devenu fils adoptif. Un voyage hors-norme à la découverte de civilisations et de cultures qui dépassent l’Occident. Elle a rencontré des rois, des Maharajas, et même le Dalaï-Lama en personne ! Point d’orgue de son périple : elle a séjourné à Lhassa, la ville interdite, pendant plusieurs mois, déguisée en mendiante. Une prouesse qu’aucune Occidentale n’avait accomplie avant elle…
Christian Perrissin et Boro Pavlovic nous font découvrir le parcours passionnant de l’une des exploratrices les plus célèbres de l’Histoire. Un nouvel album au goût d’ailleurs de la collection « Explora », toujours accompagné d’un dossier pédagogique éclairant le contexte historique et politique de l’époque.

Note 4.0

S’il acceptait l’argent, il perdait le mérite d’avoir servi un lama de Lhassa. Il a préféré conserver le mérite.

Après plusieurs longs mois d’absence, la collection Explora reprend de plus belle en ce mois de mars 2016, et une nouvelle héroïne fait son entrée dans ce « Hall of Fame » des grands explorateurs : la française Alexandra David-Néel ! Christian Clot dirige toujours la collection, mais semble avoir moins participé au scénario que sur la plupart des autres tomes précédents, donnant à Christian Perrissin (connu par exemple pour la série Martha Jane Cannary) l’occasion de mettre cette femme en valeur, à l’aide de Boro Pavlovic au dessin (à noter que ces deux auteurs ont déjà collaborés ensemble sur la série El Niño).


Le choix scénaristique de départ est classique, mais la circoncision de l’intrigue est futée. Au cours d’une nuit de 1924, Alexandra David-Néel débarque dans la maison d’un officier britannique de Gyantsé et va lui raconter la formidable épopée qui l’a conduite à traverser le Tibet. Christian Perrissin choisit donc de relater l’histoire de cette exploratrice française de 1911 à 1925, quand elle a autour de cinquante ans (sa jeunesse est expliquée plus loin, mais ne relève pas de l’exploration ; la fin de sa vie, à la recherche du taoïsme, pourrait mériter aussi un focus intéressant).

Au début, le lecteur peut se prendre à penser qu’avec ce tome-ci, l’exploration sera cette fois d’un ordre plus philosophique, à travers la redécouverte de textes liés au bouddhisme. Mais rapidement, Alexandra David-Néel va plus loin et se lance dans l’exploration physique de la philosophie tibétaine en y allant à pied ! Contre la loi, les vents et la neige, elle va s’acharner à entrer en contact avec les plus grands penseurs bouddhistes et surtout à aller au fameux monastère de Lhassa, ville mythique où est installé le Potala et dont la localisation restait encore un mystère pour les Occidentaux. Que trouvera-t-elle dans la Cité interdite où résident les dieux du Tibet ? La narration se fonde, bien sûr, sur le journal qu’elle a publié en revenant en France après une quinzaine d’années à arpenter cette partie de l’Asie !

De son côté, Boro Pavlovic est chargé de mettre en lumière par son dessin ce voyage si particulier. L’illustration a déjà le formidable avantage que n’a pas eu l’exploratrice : rendre compte en image de son parcours vertigineux et de ses magnifiques découvertes. Des visages burinés par le vent, des paysages alternant entre le sombre nocturne et l’éclat diurne au moment de la découverte de Lhassa, Boro Pavlovic avait là un sujet tout à fait passionnant pour varier ses planches astucieusement. Le coloriste Alexandre Boucq a sûrement eu pas mal d’heures de boulot pour réussir à nuancer les nombreuses planches enneigées.

Cet album se termine sur les désormais traditionnelles dix pages d’explication historique sur les sujets abordés, les lieux rencontrés et surtout la vie racontée, pages auxquelles nous a habitués la collection Explora.

Alexandre David-Néel est une très belle présentation de cette exploratrice française méconnue, Christian Perrissin maîtrise un des meilleurs albums de la collection Explora initiée par Christian Clot, au service duquel Boro Pavlovic met sa palette graphique.

Autres critiques :

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À propos de Dionysos

Kaamelotien de souche et apprenti médiéviste, tentant de naviguer entre bandes dessinées, littérature de l’imaginaire et quelques incursions vers de la littérature plus contemporaine (@DenisPiel). Membre fondateur du Bibliocosme.

Publié le 8 avril 2016, dans Histoire, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Waaah ca en met plein la vue! je suis une inconditionelle de David-Neel depuis mon enfance. Merci pour cette belle decouverte.

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