La mémoire est une chienne indocile

LA MÉMOIRE EST UNE CHIENNE INDOCILE

Titre : La mémoire est une chienne indocile
Auteur : Elliot Perlman
Éditeur : Robert Laffont. Traduit par Johan-Frédérik Hel-Guedj
Date de publication : 10 janvier 2013

Synopsis : Il est des vies tellement éloignées de la nôtre que jamais on n’aurait imaginé les croiser, des liens dont on n’aurait jamais pensé qu’on les tisserait. Et puis, un jour, on croise ces vies, on tisse ces liens, l’histoire se transmet qu’on ne peut plus oublier et l’on en est transformé à jamais… Récemment libéré de prison, Lamont Wiiliams entame une période probatoire au service d’entretien du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York. Le succès de cette réinsertion est crucial pour lui : c’est son unique espoir de retrouver un jour sa petite fille. Quelques kilomètres plus loin, uptown, Adam Zignelik, professeur d’histoire à Columbia, subit simultanément l’effondrement de sa carrière et de son couple. Alors qu’il est en pleine dépression, il découvre, oubliés dans la poussière d’un sous-sol depuis des décennies, des enregistrements inconnus, d’une portée historique considérable : les tout premiers témoignages sonores de survivants de l’Holocauste… Pendant ce temps, à l’hôpital, Lamont noue une improbable amitié avec un vieux patient juif polonais, lui-même rescapé des camps…

Note 5.0

La mémoire est une chienne indocile. Elle ne se laissera ni convoquer, ni révoquer, mais ne peut survivre sans vous. Elle vous nourrit comme elle se repaît de vous. Elle s’invite quand elle a faim, pas lorsque c’est vous l’affamé. Elle obéit à un calendrier qui n’appartient qu’à elle, dont vous ne savez rien. Elle peut s’emparer de vous ou vous libérer. Vous laissez à vos hurlements ou vous tirez un sourire.

Mon Dieu, quel grand roman !

Un jeune afro américain qui sort de prison, un historien en pleine perdition professionnelle et privée, un vieux monsieur atteint d’un cancer en phase terminale et rescapé des camps nazis, une oncologue petite-fille d’un héros de couleur de l’armée américaine… Radiographe d’un vingtième siècle témoin de la folie des hommes, Elliot Perlman nous donne un extraordinaire roman ou les petites histoires se heurtent à la grande dans toute sa barbarie et sa brutalité. Passant d’une époque à une autre, d’une histoire à une autre, l’édifice se construit avec une puissance narrative qui a de quoi vous laisser sans voix. Une mémoire qu’on se doit de perpétuer coûte que coûte, car, comme le hurle l’une des martyres de Auschwitz : « Dites à tout le monde, ce qui s’est passé ici, dites à tout le monde ce qui s’est passé ici, dites à tout le monde … ».

Universel et bouleversant. Un très grand roman.

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Publié le 27 décembre 2015, dans Histoire, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Tu m’as donné très envie de le découvrir ! Merci pour ce chouette billet 🙂

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