Communardes ! Les éléphants rouges

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Titre : Les éléphants rouges
Collection : Communardes !
Scénariste : Wilfrid Lupano
Dessinateur : Lucie Mazel
Éditeur : Vents d’Ouest
Date de publication : 2015

Synopsis : « On m’appellera la dame aux éléphants ! » Hiver 1870. Prélude de la Commune. Alors que Paris, assiégée par l’armée prussienne, subit le froid et la famine, Victorine, onze ans, passe le plus clair de son temps à s’occuper de Castor et Pollux, les deux éléphants du Jardin des plantes. Cette passion pour les pachydermes a le don d’énerver sa mère, engagée dans le mouvement des femmes qui veulent s’impliquer dans la défense de la ville. Mais Victorine est bourrée d’imagination, et elle veut être à la hauteur des ambitions de sa mère. Nourrie par les exploits des célèbres éléphants d’Hannibal, elle élabore un plan pour libérer Paris. Un plan génial, démesuré, contre lequel Bismarck ne peut rien. Un plan de petite fille livrée à elle-même dans un monde d’adultes..

Note 4.5

T’as tout raté. Louise Michel et André Léo sont venues, et elles nous ont parlé de nos droits, ça va bouger, tu sais. Quand tu seras grande, tu pourras choisir le métier que tu voudras, et même te faire élire, il faut garder espoir.

 

« Un Océan d’amour », « Le singe de Hartlepool », « Les vieux fourneaux » ou encore dernièrement « Traquemage » : on ne compte plus les ouvrages signés par Wilfrid Lupano ayant rencontré un important (et mérité !) succès. Cette année c’est dans un projet de collection chez « Vents d’Ouest » que se lance le scénariste qui entend ainsi mettre en lumière le rôle joué par les femmes au moment de la Commune de Paris. Chaque tome pourra donc se lire de manière totalement indépendante et chaque héroïne sera immortalisée par un dessinateur différent. Pour ce premier volume c’est Lucie Mazel qui s’y colle et qui donne vie au personnage de Victorine, petite fille de neuf ans piégée dans Paris au moment du siège de la capitale par l’armée prussienne. Nous sommes en 1870 et la Commune n’a pas encore véritablement débuté, bien qu’on en ressente déjà quelques prémices. Si l’héroïne est dans le cas présent un personnage totalement fictif, ce n’est pas le cas de l’épisode qui constitue le cœur du récit : l’abattage des animaux du Jardin des Plantes. Avec le siège, trouver de quoi se nourrir devient en effet de plus en plus compliqué, y compris pour les riches n’ayant pas voulu ou pu quitter la capitale à temps. Un à un, les animaux les plus exotiques du zoo passent donc à la casserole pour satisfaire l’appétit des privilégiés qui, après les autruches, les antilopes et les chameaux, lorgnent à présent sur le célèbre couple d’éléphants du parc, Castor et Pollux, avec lesquels la jeune Victorine entretient une profonde amitié nourrie par les récit des exploits d’Hannibal et de sa traversée des Alpes.

Communardes - Les éléphants rouges planche 1

Le caractère fictif de l’héroïne n’empêche pas Lupano de chercher à restituer au mieux les circonstances du siège et l’état d’esprit des habitants. La jeunesse du personnage lui permet notamment d’aborder le sujet rarement évoqué des conditions de vie et du rôle tenu par les enfants de la capitale qui tiennent eux aussi à participer à l’effort de guerre. Le scénario se focalise également sur les initiatives prises par les Parisiennes qui, lassées de ne plus trouver de travail et de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de leur marmaille, commencent à s’organiser et à caresser l’idée de plus d’égalité entre elles et leurs homologues masculins. Elles seront nombreuses, par exemple, à se porter volontaires pour faire partie de la fameuse « légion des amazones » et ainsi avoir l’opportunité de combattre aux côtés de leurs hommes (chose qui leur sera finalement refusée, malgré le nombre record de candidatures). L’ouvrage nous fournit également un petit aperçu des réunions organisées par les meilleures oratrices d’entre elles, mais aussi du quotidien des filles de joie qui continuent évidemment d’exercer tout au long du siège, ainsi que du travail fourni par les couturières chargées de la réalisation de ballon, seul moyen pour la capitale d’évacuer les personnalités les plus importantes (Léon Gambetta, par exemple) et de faire passer des messages par dessus les lignes prussiennes. Le travail de reconstitution historique est donc particulièrement soigné, tant au niveau du scénario que des illustrations à la beauté desquelles je me suis montrée très sensible.

Communardes - Les éléphants rouges planche 2

Un premier album très réussi, tant visuellement que scénaristiquement, et qui met en scène une petite héroïne particulièrement attachante. A noter qu’un second tome (« L’aristocrate fantôme ») illustré cette fois par Anthony Jean et consacré au personnage (historique, cette fois) d’Élisabeth Dmitrieff est d’ores et déjà disponible.

Voir aussi : L’aristocrate fantôme ; Nous ne dirons rien de leurs femelles

Autres critiques : Yvan Tilleul (Sin City)

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Publié le 16 novembre 2015, dans Histoire, et tagué , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Une série initiée par Lupano, avec Lupano au scénario, de beaux dessins et un thème intéressant et rare, comment peut-on résister ?

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