L’autre herbier

L'autre herbier

Titre : L’autre herbier
Auteur : Nicolas Labarre
Illustrateur : Amandine Labarre
Éditeur : Les Moutons Électriques
Date de publication : 2015 (novembre)

Synopsis : Valentine s’ennuie, comme on peut s’ennuyer, bloquée en été avec ses parents sans ami ni téléphone. Elle a bien trouvé cet herbier et cette carte, près de la maison en rénovation, mais les herbes et les chemins qui s’y trouvent ne mènent nulle part, n’existent sans doute même pas. Valentine va pourtant suivre ces sentiers qui ne peuvent se trouver là, passer de l’autre côté de cette rivière impossible, malgré les ombres entraperçues. Elle va y découvrir une forêt, infinie et sublime, que parcourent d’un pas lent des géants végétaux. Derrière elle, le chemin du retour disparaît déjà. Les feilges pourront-ils l’aider à repartir ?

Note 4.0

Ce n’est plus la même forêt. Celle-ci est immense. Malgré l’absence de sentier, Valentine progresse sans difficulté entre les troncs espacés. La plupart du temps, le sol est dégagé, même si elle a dû contourner de temps à autre des buissons aussi infranchissables que parfaitement délimités. Ni ronce, ni branche de guingois, tout est nettement défini et solide, comme quand elle dessinait une forêt dans ses cahiers, enfermant chaque chose dans d’épais traits de couleur. La forêt est immense parce qu’elle semble n’avoir pas de fin.

 

Si le nom de Nicolas Labarre m’était jusqu’à présent inconnu, ce n’était pas le cas de celui de sa sœur, Amandine, illustratrice à l’ambiance de laquelle j’ai toujours été sensible (on lui doit, entre autre, la sublime couverture de « Porcelaine » d’Estelle Faye pour laquelle elle a d’ailleurs été récompensée par le prix Imaginales de la meilleure couverture en 2013). De leur collaboration est né en cette fin d’année 2015 chez Les Moutons Électriques un album, « L’autre herbier », mêlant les textes de l’un et les illustrations de l’autre. Enluminé par une quarantaine de dessins, le récit relate l’extraordinaire histoire vécue par la jeune Valentine, petite fille esseulée un peu chamboulée par le déménagement de sa famille dans une vieille maison de campagne isolée. En farfouillant dans tout un fatras entreposé par les précédents propriétaires dans une vieille remise, elle tombe sur une étrange carte de la région sur laquelle des éléments géographiques semblent avoir été modifiés ou rajoutés par rapport à la véritable topographie des lieux. C’est le début pour Valentine d’un périple magique dans l’immense et surprenante forêt du changement : « Ce n’est plus la même forêt. Celle-ci est immense. Malgré l’absence de sentier, Valentine progresse sans difficulté entre les troncs espacés. »

L'autre herbier planche 2

Si l’ouvrage peine légèrement au début à trouver son rythme, on se laisse néanmoins vite embarquer par la magie et la poésie qui se dégagent aussi bien des textes de Nicolas Labarre que des illustrations d’Amandine. Le bestiaire, notamment, témoigne de l’imagination fertile des deux auteurs qui nous offrent un répertoire fourni d’animaux de toute sorte, des belettes cornues aux étranges propriétés magiques aux chimères adoptant la forme d’animaux ailés de toute forme et de toute taille, en passant par des cervidés géants sur le dos desquels pousse une seconde forêt. La création la plus remarquable de l’ouvrage reste cela dit les feilges, petit peuple d’adorables créatures velues au charme duquel les sublimes dessins d’Amandine Labarre rendent impossibles de ne pas succomber. On pourrait certes reprocher au récit quelques moments de flottements, voire quelques longueurs, il n’en reste pas moins qu’on s’immerge complètement dans cet étrange univers peuplé de créatures féeriques inquiétantes, bien éloigné du monde que nous connaissons et dans lequel la jeune héroïne ne se trouve plus vraiment. L’éditeur pointait du doigt le lien entre l’album et le travail de Miyazaki et il y a effectivement de cela, que ce soit dans les thèmes abordés par l’histoire aussi bien que dans l’esthétique. Difficile également de ne pas penser à la célèbre héroïne de Lewis Caroll, Alice, elle aussi propulsée dans un monde aux règles fluctuantes et aux habitants pour le moins étonnants.

L'autre herbier planche

Si on ne peut pas à proprement parler employer le terme de coup de cœur, « L’autre herbier » n’en reste pas moins un très bel ouvrage offrant aux lecteurs un joli conte empli d’une féerie et d’une poésie auxquelles il est difficile de résister. A découvrir.

Autres critiques : Gilthanas (Elbakin) ; Lullaby (Les Histoires de Lullaby) ; Ptitetrolle (Lectures trollesques)

Critique réalisée dans le cadre du Challenge Francofou 3

Challenge Francofou 3

Publicités

Publié le 3 novembre 2015, dans Fantasy, et tagué , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :