La voie des oracles, tome 1 : Thya

La voie des oracles tomec1

Titre : Thya
Cycle : La voie des oracles, tome 1
Auteur : Estelle Faye
Éditeur : Scrinéo
Date de publication : 2014
Récompenses : Prix Elbakin (meilleur roman fantasy français jeunesse)

Synopsis : La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ. Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Église. Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts. Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule Chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres, voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Note 3.0

Le faune se souvenait avec nostalgie des temps anciens, où des prêtres-loups les priaient en grand pompe, lui et ses semblables, à chaque fin d’hiver. Depuis, il avait vu les sylvains, les naïades, les centaures… tout son peuple surnaturel reculer au fond des forêts, dans les recoins obscurs des cavernes et des combes. Ils avaient laissé les chrétiens prendre le pas sur eux, pénétrer dans les clairières interdites, piétiner les cercles des fées, arracher les arbres et briser les branches des buissons… Des moines en haillons répandaient la nouvelle foi dans tout l’Empire, prônaient un monde sans magie, en prêchant sous les yeux de bronze des statues de Cybèle et Diane.

 

Ayant jusqu’à présent toujours apprécié les romans d’Estelle Faye, c’est sans guère d’appréhension que je me suis finalement laissée tenter par le dernier ouvrage « jeunesse » de l’auteur, bien que n’étant pas habituellement grande amatrice de ce genre de littérature. L’originalité du contexte dans lequel se déroule l’histoire a également participé à faire pencher la balance. Ce premier tome de « La voie des oracles » nous plonge en effet au cœur de la Gaule du Ve siècle après J-C où l’on suit les aventures de la jeune Thya, fille de patricien romain « exilée » dans une des demeures de province de son père en raison de sa qualité d’oracle. Une fonction qu’il ne fait plus bon d’exercer au sein de cet empire romain en pleine déliquescence, menacé de tous les côtés par des invasions barbares et dans lequel le christianisme connaît depuis plusieurs décennies une fulgurante ascension. Une ascension qui se fait bien évidemment au dépend des cultes païens et qui entraîne la lente mais inéluctable disparition des divinités et créatures mythologiques antiques. Certaines continuent pourtant d’arpenter le monde et vont aider la jeune Thya dans sa quête, qu’il s’agisse de faunes, d’ondines, de harpies ou de divinités chthoniennes.

Si l’ambiance dans laquelle baigne le récit est globalement assez sombre, certains éléments sont toutefois là pour nous rappeler que nous avons bien affaire ici à un roman destiné à un public essentiellement « jeunesse » : une adolescente pour héroïne, une chaste histoire d’amour, une intrigue somme toute assez simple, des personnages parfois un peu trop caricaturaux (l’ecclésiastique cruel et fanatique, le fourbe et lâche jeune aristocrate, le sage et mystérieux révolté….) Un traitement dont ont moins à souffrir les personnages plus proches de la jeune héroïne, qu’il s’agisse du jeune maquilleur Enoch, tiraillé entre deux loyautés, ou encore du vétéran Mettius, hanté par les actions commises lors d’une précédente campagne militaire. Thya reste cela dit le protagoniste le plus abouti et le plus attachant de cette histoire, même si certaines de ses réactions ne la rendent parfois pas si sympathiques que cela. La dureté des épreuves traversées par la jeune fille et sa force de caractère ne tardent toutefois pas à remporter l’adhésion du lecteur et on attend donc avec à la fois intérêt et impatience de savoir ce que l’auteur réserve à notre héroïne pour la suite.

 

Un premier tome prometteur qui nous laisse avec quantité de questions qui trouveront certainement leurs réponses dans le second volume venant tout juste de paraître et consacré cette fois au personnage d’Enoch. Rappelons pour terminer que le roman était cette année finaliste pour le prix Imaginales des lycéens au côté du premier tome des aventures du « Bâtard de Kosigan » de Fabien Cerutti.

Autre critiques : BlackWolf (Blog-o-livre) ; Celindanae (Au pays des Cave Trolls) ; Doris (La Magie des Mots) ; Elhyandra (Le monde d’Elhyandra) ; Mégane (La Croque-Livres) ; Mélisende (Bazard de la littérature) ; Ptitetrolle (Lectures trollesques) ; Sandrine Brugot Maillard (Mes Imaginaires)

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Publié le 3 juillet 2015, dans Jeunesse - Young Adult, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

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