Le bâtard de Kosigan, tome 2 : Le fou prend le roi

Le fou prend le roi

Titre : Le fou prend le roi
Cycle : Le bâtard de Kosigan, tome 2
Auteur : Fabien Cerutti
Éditeur : Mnémos (Icares) (fiche officielle)
Date de publication : 16 avril 2015

Synopsis : 1340, au cœur du comté de Flandre. Alors que les premiers feux de la guerre de Cent Ans s’allument, le Bâtard de Kosigan et ses Loups se voient confier, par le sénéchal d’Angleterre, la délicate mission de découvrir les tenants et aboutissants d’un complot qui se trame… autour du roi de France. Une enquête surprenante et extrêmement dangereuse, mêlant trahisons et forces obscures, dans laquelle l’ascendance surnaturelle du Bâtard, habituellement son plus grand atout, pourrait bien se muer en talon d’Achille. Cinq siècles et demi plus tard, à la fin de l’année 1899, l’enquête engagée par le lointain descendant du chevalier tente de faire la lumière sur l’inexplicable disparition des puissances magiques. Entre Bruges et Lens, peut-être mettra-t-elle à jour la nature des ombres qui se dissimulent derrière les échos cachés de l’Histoire.

Note 4.5
 
Coup de coeur

Le peuple fait ce que lui dictent ceux qui le commandent. Quant aux nobles, nous leur octroierons le loisir de conserver leur foi en la Croix, du moment qu’ils honorent leurs vœux d’allégeance envers leur souverain. Ceux qui résisteront seront balayés, mais je gage qu’ils seront peu nombreux. Pourquoi croyez-vous que l’Église ait ressenti le besoin d’instaurer le culte de multiples saints à l’intérieur d’une religion censée honorer un dieu unique ? Elle avait tout simplement pour but de compenser discrètement l’absence des anciennes divinités dans le cœur des populations. Les hommes n’ont pas changé depuis les temps antiques, ils aiment à prier quelqu’un de particulier afin de bénir leurs moissons, leurs amours, de retrouver leurs objets perdus ou de les garder face à leurs ennemis. Ils aiment pouvoir lancer le mauvais œil à ceux qu’ils détestent, ils aiment se voir punis lorsqu’ils sortent des chemins sacrés. Dieu, comme vous dites, est trop lointain, trop anonyme, trop bon.

Un an après le succès de son premier roman mettant en scène un mercenaire aussi coriace que retors dans une France du XIVe siècle quelque peu différente de la notre, Fabien Cerutti revient enfin avec la suite des aventures de son bâtard de Kosigan. Et une fois encore, le résultat est plus qu’à la hauteur et ne manquera pas de ravir ceux qui, comme moi, ont été enthousiasmés par la lecture du premier opus.

Quelques mois ont passé depuis le succès de la mission de notre héros pour le compte de la comtesse de Champagne, et le voilà désormais au service de Guillaume le Maréchal, principal conseiller du roi d’Angleterre, inquiet de l’existence d’un traître au service du souverain français Philippe VI. Une affaire d’autant plus grave que, suite aux prétentions d’Édouard III sur la couronne de France, la Guerre de Cent Ans est sur le point de débuter… Fabien Cerutti nous plonge une fois encore dans une intrigue habilement et patiemment élaborée afin de surprendre le lecteur et maintenir le suspens intact du début à la fin. Et cela fonctionne. Difficile de se raisonner à enfin fermer le roman pour aller dormir tant le récit du mercenaire se fait captivant et tant on est avide de découvrir enfin tous les secrets que cachent cet ambitieux complot visant à déstabiliser les royaumes de France et d’Angleterre. Le fait que l’essentiel de l’action se passe dans un espace géographique et une période très restreints (la ville de Lens durant quelques semaines de l’année 1340) ne nuit en rien à l’attrait du récit. Cela y ajoute même davantage de piment, le lecteur ne pouvant rapidement s’empêcher d’être lui aussi contaminé par le sentiment d’urgence qui anime le protagoniste tout au long du roman.

Guerre de cent ans

L’un des grands atouts de ce second tome tient également aux « quelques » altérations historiques que l’on rencontre au fil de la lecture. Car si l’histoire se passe bel et bien dans la France du XIVe siècle et s’il est évident que l’auteur s’est minutieusement documenté sur le contexte de l’époque et sur tout ce qui a trait à la vie au Moyen Age, le monde dans lequel évolue le bâtard de Kosigan possède de curieuses et plus ou moins subtiles différences avec le notre. La plus visible étant très certainement l’existence de créatures fantastiques, des dragons aux elfes noirs en passant par les sorciers ou les ogres, qui cohabitent tant bien que mal depuis les temps anciens avec la race humaine. Une différence de taille que ne s’expliquent d’ailleurs pas, plus de cinq siècles plus tard, le descendant de notre héros et ses compagnons historiens dont on suit l’enquête en parallèle à l’histoire du bâtard. Outre l’attrait de ces petites « retouches » apportées à l’histoire officielle, le roman séduit également par la qualité de son écriture, à la fois très fluide et très dynamique, et surtout par celle de son héros. Difficile de ne pas se prendre d’affection pour ce mercenaire aussi habile guerrier que diplomate, ainsi que pour l’ensemble de ses compagnons ou alliés de circonstances (palme d’or à la belle princesse de Quiret qui illustre d’ailleurs magnifiquement la couverture).

 

Pari à nouveau réussi pour Cerutti qui signe avec « Le fou prend le roi » un second tome un peu plus sombre mais à la hauteur du premier. Seule déception une fois la lecture achevée : la perspective de devoir attendre encore un an avant de retrouver à nouveau Kosigan pour de nouvelles aventures (et dans le Saint-Empire, cette fois…). Si vous n’avez pas encore découvert cette série, courez-y !

Voir aussi : Tome 1

Autres critiques : Allison (Allison-line), Jean-Philippe Brun (L’ours inculte), John Doe (Elbakin), Nicolas Soffray (YoZone), Ptitetrolle (Lectures trollesques), Salveena (Le Comptoir de l’Écureuil) et Torospatillo (Fant’Asie)

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Publié le 7 avril 2015, dans Fantasy, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 6 Commentaires.

  1. Un titre fort évocateur et très tendancieux ! PTDR

    Bon, j’ai du retard dans mes lectures, je ne note plus rien de rien !

  2. C’est toujours dur d’attendre la su

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