Le bâtard de Kosigan, tome 1 : L’ombre du pouvoir

Le Bâtard de Kosigan L'ombre du pouvoir

Titre : L’ombre du pouvoir
Cycle : Le bâtard de Kosigan, tome 1
Auteur : Fabien Cerutti
Éditeur : Mnémos
Date de publication : 2014 (mars)

Synopsis : Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe. En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis. À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Note 4.5
 
Coup de coeur

Un tournoi c’est un peu comme si la noblesse expiait, une fois de temps en temps, ses crimes et ses abus, en se donnant une bonne correction à elle-même.

 

Compagnons, enfourchez vote cheval, empoignez votre lance et préparez-vous à vivre une aventure exaltante aux côtés du décrié mais néanmoins renommé bâtard de Kosigan ! Pour son premier roman, Fabien Cerutti nous invite à assister à un tournoi organisé en 1339 à Troyes par la comtesse de Champagne et réunissant la fine fleur de la noblesse française et étrangère de l’époque. On trouve cela dit également parmi les participants un certain Pierre Cordwain de Kosigan, bâtard issu d’une prestigieuse lignée bourguignonne et exerçant le dangereux mais lucratif métier de mercenaire. Et justement, il semblerait que quelqu’un l’ai engagé pour venir mettre son grain de sel dans les affaires du comté de Champagne, tiraillé depuis la mort du dernier comte entre ses deux allégeances à la France et à la Bourgogne. A ces chapitres consacrés aux subtiles machinations élaborées par notre rusé et déterminé bâtard viennent s’en ajouter d’autres se déroulant cette fois à Paris en 1899 et mettant en scène un descendant lointain de notre héros, Kergaël de Kosigan, bien décidé à en apprendre davantage sur son ancêtre du XIVe siècle et l’histoire de sa famille. Une alternance de temps et de point de vue habilement maîtrisée par l’auteur qui en profite pour maintenir le lecteur en haleine jusqu’à la toute dernière page de ce roman qui constitue mon premier coup de cœur de l’année.

Je serais en effet bien en peine de trouver un quelconque défaut à ce premier opus tant les aventures du bâtard de Kosigan m’ont captivée. L’auteur est parvenu à donner naissance à un héros charismatique auquel on s’attache rapidement bien que l’on peine pour le moment à complètement le cerner. Et ce sont d’ailleurs ces zones d’ombres qui touchent non seulement à son caractère mais aussi à son histoire et son passé qui font de lui un personnage si ambiguë et si passionnant à suivre. L’intérêt du roman tient également aux plus ou moins discrètes divergences historiques affectant le XIVe siècle dans lequel évolue le héros. Ne vous étonnez donc pas d’apprendre que la Bourgogne comme la Champagne y jouissent d’une indépendance bien plus importante que celle mentionnée par l’histoire officielle à l’égard du royaume de France. Ne soyez pas non plus surpris d’y croiser elfes, trolls, nymphes, sorciers ou lutins, évoluant tout naturellement parmi les humains avec lesquels ils entretiennent des rapports plus ou moins conflictuels. L’idée ne manque pas de piquant et Fabien Cerutti parvient à la rendre plus passionnante encore à mesure que l’on réalise les quelques ajustements historiques qu’implique l’existence de ces créatures légendaires (notamment en ce qui concerne la réaction de l’église).

Difficile enfin de ne pas être sensible à la qualité du travail de reconstitution effectué par l’auteur grâce auquel on se retrouve véritablement immergé l’espace de trois cent pages dans un tournoi dont on découvre par le détail les règles, les dangers et l’excitation sans que cela ne soit le moins du monde rébarbatif. Bien au contraire. Peu habituée à visionner du sport je ne peux vraiment me permettre la comparaison, pourtant on suit chaque épreuve du tournoi avec ce que je crois être la même fébrilité et le même enthousiasme avec lesquels on suivrait un match de football ou de rugby impliquant son équipe favorite. On se félicite de la réussite de certains, s’insurge du manque de fairplay d’autres, tremble à l’idée de voir notre coqueluche du moment confronté à tel adversaire jugé dangereux… J’ai retrouvé lors de cette lecture le même plaisir que j’avais pu ressentir, bien que plus brièvement, à la lecture d’une des nouvelles de G. R. R. Martin (« Le chevalier errant ») consacrée elle aussi au déroulement d’un tournoi. Si le suspens se fait déjà énormément ressentir à l’occasion des passes d’armes opposant notre héros à ses adversaires, il atteint toutefois son apogée lorsque le lecteur en vient enfin à réaliser la subtilité des manigances mises en œuvres par le héros et la hauteur de l’enjeu. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas tourné aussi fébrilement les pages d’un roman, redoutant et espérant ce qui allait suivre.

 

Fabien Cerutti signe avec ce premier tome des aventures du bâtard de Kosigan un roman passionnant qui constitue sans aucun doute mon premier gros coup de cœur de cette année 2015. Une intrigue captivante de bout en bout, un héros charismatique, un univers prometteur empruntant à la fois à l’histoire et à la fantasy… : autant d’ingrédients qui font de cet ouvrage une véritable réussite. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends la sortie du deuxième opus prévu chez Mnémos pour le mois d’avril…

Voir aussi : Tome 2

Autres critiques : Apophis (Le culte d’Apophis) ; Belgarion (Elbakin), Dionysos (Le Bibliocosme), Jean-Philippe Brun (L’ours inculte) ; Kissifrott (Le Dévoreur de Livres), Hervé (Temps de Livres), Ptite Trolle (lectures trollesques), Stelphique (Mon féérique blog littéraire) et Torospatillo (Fant’Asie).

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Publié le 6 mars 2015, dans Fantasy, et tagué , , , , , , , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 5 Commentaires.

  1. Je louche dessus depuis longtemps… Avec votre critique ma pile à lire n’est pas prêté de diminuer!

  2. Très belle chronique, c’est vrai que le tournoi n’est pas du tout ennuyeux (j’avais peur de ça au début) et on se prend vraiment au jeu ! Surtout quand on commence à comprendre les manigances de chacun pour essayer de gagner 🙂
    Ce n’était pas un coup de coeur pour moi mais j’ai franchement adoré, et j’espère que le coup de coeur sera pour le tome 2 😉

  1. Pingback: L’ombre du pouvoir – Fabien Cerutti | Le culte d'Apophis

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