La petite déesse

La petite déesse

Titre : La petite déesse et autres histoires d’une Inde future
Auteur : Ian McDonald
Nouvelles : Sanjîv et Robot-wallah ; Kyle fait la connaissance du fleuve ; L’assassin-poussière ; Un beau parti ; La petite déesse ; L’épouse du djinn ; Vishnu au cirque de chats
Éditeur : Denoël (collection Lunes d’encre)
Date de publication : 2013

Synopsis : En 2004, Ian McDonald publiait en Angleterre un roman d’une ambition peu commune dans le paysage de la science-fiction contemporaine, « Le Fleuve des dieux », un livre monstre de plus de 600 pages, aux multiples intrigues situées dans une Inde de 2047 balkanisée et en proie à une sécheresse sans précédent. En 2009, Ian McDonald a rassemblé sous le titre La Petite Déesse les sept nouvelles et courts romans qu’il avait écrits sur cette même Inde du futur. On y découvre, souvent par le biais du regard d’enfants, un sous-continent où les hommes sont quatre fois plus nombreux que les femmes, où se côtoient puissants, gens d’une extrême pauvreté, intelligences artificielles et stars virtuelles, tous confrontés à des menaces d’un genre nouveau.

Note 1.5

Elle m’agace assez vite, cette tendance de nombreux Indiens à présumer que comme notre culture est très ancienne, nous avons tout inventé. L’astronomie ? Made in India. Le zéro ? Made in India. La nature indéterminée et probabiliste de la réalité telle que révélée par la théorie quantique ? L’Inde. Vous ne me croyez pas ? Les Veda disent que les quatre Grands Ages de l’Univers correspondent aux quatre résultats possibles de notre jeu de dés. Le Krita Yuga, l’Age de la Perfection, est le meilleur score possible. Le Kalî Yuga, l’Age des Dissensions, des ténèbres, de la décomposition et de la désagrégation, le plus mauvais score possible. Tout cela est un jeu de dés divin. Les probabilités ? Indiennes.

 

Il y a dix ans, Ian McDonald publiait un roman de science-fiction mettant en scène une Inde futuriste, « Le Fleuve des Dieux », qui rencontra un succès retentissant. Avec « La petite déesse », l’auteur revient à cet univers par le bais de sept nouvelles, chacune consacrée à un moment phare ou un concept particulier permettant de véritablement révéler l’incroyable complexité de cette Inde du future.

 

Très enthousiaste à l’idée d’enfin découvrir les écrits de Ian McDonald, je dois malheureusement avouer être totalement passée à côté de ce recueil à la lecture duquel je ressors frustrée. Frustrée d’abord parce qu’il m’apparaît évident que l’ouvrage ne constitue pas une porte d’entrée vers l’univers de l’auteur mais plutôt un bonus réservé aux connaisseurs. Autrement dit : si vous n’avez pas lu « Le Fleuve des Dieux », bon courage pour tenter de saisir ce dont il est question ici ! Frustrée également parce que je ne m’attendais pas à ce que l’aspect « hard-sf » soit si important : intelligences artificielles, continuum spacio-temporel…, bref, dès les premières pages je me suis vue décrochée en raison de l’abondance des termes techniques utilisés par l’auteur sans qu’aucune explication ne soit fournie. Et il n’y a d’ailleurs pas que le jargon employé qui pose problème ! La faute incombe t-elle à l’auteur lui-même ou bien à la traduction, toujours est il que j’ai trouvé l’ouvrage vraiment mal écrit, notamment en raison de la présence à certains passages de termes vulgaires qui tombent comme un cheveu sur la soupe et jurent complètement avec le ton du reste du recueil.

Malgré ces inconvénients (qui sont, je le reconnais, pour la plupart dus à ma propre ignorance ainsi que mon manque d’intérêt pour ce style de SF), il faut reconnaître que certains des concepts élaborés par l’auteur ne manquent pas de piquer la curiosité du lecteur. Se dessine ainsi au fil des nouvelles le portrait d’une Inde confrontée à une multitude de problèmes aussi bien démographiques que géopolitiques, économiques, ou encore technologiques. Les hommes y sont quatre fois plus nombreux que les femmes, les intelligences artificielles y occupent une place de premier plan dans la société, la guerre pour l’eau commence à y faire ses premières victimes…, bref, autant de problèmes dont on commence tout juste aujourd’hui à percevoir les conséquences terribles qu’ils pourraient avoir sur l’avenir et que l’auteur aborde sous un angle intéressant. La tentative de Ian McDonald de mêler autant que possible cette technologie hyper avancée dont il est question tout au long de l’ouvrage à la culture et la mythologie indienne est également une bonne idée et permet au lecteur de pleinement se sentir immergé dans ce pays aux milles facettes et en pleine mutation.

Venons-en à présent aux nouvelles en elles-mêmes, d’une qualité très inégale. Étrangement (ou pas…), c’est lorsqu’il met en scène des personnages féminins que l’auteur sait se faire le plus convaincant, même si la plupart de ses héroïnes manquent terriblement de chaleur et d’humanité. « L’assassin-poussière », mettant en scène une jeune fille victime d’une guerre entre deux grandes familles qui se disputent le monopole de l’eau dans le pays depuis des siècles, figure ainsi parmi les nouvelles les plus réussies, de même que « L’épouse du djinn » consacrée à l’histoire « d’amour » entre une danseuse et une intelligence artificielle. Un texte qui, au contraire de tous les autres, met en scène des personnages très humains et auxquels on s’attache donc plus aisément. « Un beau parti », nouvelle abordant le cauchemars qu’est devenu pour les hommes la recherche d’une épouse dans une société qui compte quatre fois plus d’hommes que de femmes, souffre pour sa part de quelques problèmes de construction mais reste dans l’ensemble divertissante. Idem pour « Vishnu au cirque de chats » qui, en dépit de sa complexité, permet de se faire une vision plus précise de l’évolution du pays.

 

Avec « La petite déesse et autres histoires d’une Inde future », Ian McDonald propose sept nouvelles qui ne manqueront certainement pas de ravir les lecteurs du « Fleuve des dieux » mais qui risquent fort de décontenancer les autres. Abondance de termes techniques, explications brouillonnes, style peu agréable, personnages froids…, autant de défauts qui m’auront complètement fait passer à côté de cet ouvrage dont j’ai pourtant entendu le plus grand bien.

Autres critiques : BlackWolf (Blog O Livre), Gromovar (Quoi de Neuf sur ma Pile ?), Samuel Ziterman (Lecture42), Lhisbei (RSF Blog), Lorhkan (Lorhkan et les mauvais genres), Tigger Lilly (Le Dragon galactique) et Xapur (BiblioSFFF : Les Lectures de Xapur)

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Publié le 4 août 2014, dans Science-Fiction, et tagué , , , , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

  1. Je pense qu’il peut se lire indépendamment du « Fleuve des dieux », mais la lecture de ce dernier apporte un plus incontestable.
    Dommage en tout cas que ça n’ait pas fonctionné avec toi, moi j’ai adoré « Le fleuve des dieux » et cette « Petite déesse ».
    Ian MacDonald est un auteur que je suis de très près, je le considère comme un des grands de la SF contemporaine. 😉

    • Même si je n’ai pas accroché je ne renonce pas à découvrir d’autres de ses ouvrages, j’ai justement « Roi du matin, reine du jour » qui m’attends dans ma PAL ^-^

  1. Pingback: La Petite Déesse – Ian McDonald | Les Lectures de Xapur

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