Métro Z

Métro Z

Titre : Métro Z
Auteur : Fabien Clavel
Éditeur : Rageot (collection thriller)
Date de publication : 2014 (juin)

Synopsis : Emma est excédée quand son métro reste bloqué à la station Châtelet. Déjà qu’elle doit s’occuper de Natan, son petit frère autiste… Quand une explosion retentit dans le wagon voisin, elle se rue, paniquée, dans les couloirs envahis par une épaisse fumée jaunâtre. Emma réalise que tous les accès sont condamnés et que Natan n’est plus avec elle ! Partant à sa recherche, elle observe le comportement étrange et terrifiant des autres passagers : indolents, marmonnant, les yeux dans le vague…

Note 3.5

Si le zombie de ces dernières années incarne l’une des peurs les plus fortes : celle de la contamination et constitue un rappel des grandes maladies du siècle, plus particulièrement du sida, il exprime aussi les craintes en rapport avec les recherches en biotechnologie. Ainsi, le zombie rappelle la mort mais il lui donne aussi la forme de nos inquiétudes contemporaines.

 

Après « L’évangile cannibale », roman dans lequel il relatait la survie d’un petit groupe de vieillards échappés d’une maison de retraite en pleine apocalypse zombie, Fabien Clavel a de nouveau choisi cette année de se consacrer à la figure du mort-vivant avec « Metro Z ». Guère habituée à lire des romans écrits pour la jeunesse, je dois avouer que celui-ci m’aura fait passé un très bon moment grâce à un rythme très soutenu et une intrigue efficace. Cette fois encore nous nous retrouvons dans la ville de Paris, ou plutôt sous elle puisque, comme son nom l’indique, la totalité du roman se déroule dans les galeries du métro de la capitale. Un lieu qui n’est pas sans déjà posséder habituellement un petit aspect glauque mais que l’auteur parvient ici à rendre parfaitement terrifiant. Imaginez un peu que plusieurs bombes positionnées sur le trajet de différentes lignes explosent, libérant un gaz toxique pour l’homme et dont les principaux effets sont de rendre hagarde, incapable de communiqué et incroyablement agressive toute personne qui l’inhalerait. Vous l’aurez compris, l’un des plus grands intérêts de ce roman tient au fait que l’auteur soit parvenu à rendre son histoire parfaitement plausible : il n’est pas question ici d’apocalypse ou encore de morts revenus à vie pour dévorer les vivants, mais d’une catastrophe provoquée par des hommes par le biais d’armes chimiques. Un réalisme qui ne fait que renforcer l’intérêt du lecteur pour le récit mais qui n’est pas également sans ajouter au sentiment d’oppression que génère déjà le décor dans lequel se déroule l’action.

Et en parlant d’action justement, on est servi ! A travers les pérégrinations de la jeune Emma, désireuse de retrouver son petit frère autiste égaré dans le métro après l’explosion et les événements qui ont suivi, le lecteur est plongé dans un milieu hostile, hors du temps, dans lequel les dangers se multiplient et ne se limitent pas aux seuls contaminés. Les personnages sont pour leur part très attachants, à commencer par la jeune Emma, adolescente souffrant du trop d’attention porté par ses parents à la maladie de son frère. L’idée de mêler le thème de l’autisme à celui des « zombies » est d’ailleurs une idée loin d’être inintéressante et donne lieu à quelques scènes très marquantes donnant à réfléchir sur cette maladie. On pourrait certes mentionner quelques facilités scénaristiques et une fin un peu convenu (l’intervention de la journaliste, héroïne d’un des précédant roman jeunesse de l’auteur, m’a par exemple parue un peu tiré par les cheveux), mais dans l’ensemble le roman tient la route et satisfera aussi bien un public jeune que plus averti. On peut également saluer la présence à la fin de l’ouvrage d’un petit dossier consacré aux zombies et dans lequel l’auteur revient sur leur histoire (vous apprendrez ainsi que les premières histoires de zombies vient d’Haïti) ou encore leurs différences avec les autres créatures surnaturelles. Y figure également quelques indications de romans, bandes dessinées ou films consacrés à la figure du mort-vivant.

Un roman jeunesse efficace qui séduit par le réalisme de son intrigue et l’attachement éprouvé pour les personnages. Un grand merci aux éditions Rageot ainsi qu’à Fabien Clavel pour m’avoir fait découvrir cet ouvrage à côté duquel je serais surement passé.

Autres critiques : Acro (Livrement), BlackWolf (Blog o Livre), Chani (De livres et d’épice), Cornwall (La Prophétie des Ânes), Livrement, Mariejuliet (Les Lectures de Mariejuliet) et Muti (Muti et ses livres) ; Sia (Encres & Calames)

Publicités

Publié le 6 juillet 2014, dans Horreur, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. Le genre de roman qui ne donne pas envie de prendre le métro… 😀 J’aime pas les zombies, même si je sais qu’ils sont très câlins, mais ce petit bouquin me tenterait bien si je n’avais pas toute une pile énoooorme à lire !

    Je ne savais pas que j’avais écrit une évangile, moi… L’évangile cannibale 😀

  2. C’est vrai qu’il y a quelques facilités mais le roman est bien ficelé et reste plaisant à lire. Justement, « L’évangile cannibale » de l’auteur m’intrigue.

    • Je suis d’accord, j’ai passé un bon moment de lecture 🙂 Idem pour L’évangile cannibale (pour une fois qu’on a le point de vue d’un groupe de vieux à propos d’une apocalypse zombie…^^) Merci pour le lien 🙂

  1. Pingback: CLAVEL Fabien – Métro Z | Livrement

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :