Dragon de glace

dragon de glace[1]

Titre : Dragon de glace
Auteur : G. R. R. Martin
Nouvelles : Le dragon de glace ; Dans les contrées perdues ; L’homme en forme de poire ; Portrait de famille
Éditeur : ActuSF
Date de publication : 2011
Récompenses : Prix Nebula 1986 pour « Portrait de famille » ; Prix Bram Stoker 1988 pour « L’homme en forme de poire ».

Synopsis : Auteur du fabuleux cycle du Trône de Fer, George R. R. Martin nous prouve à travers les quatre nouvelles de ce recueil qu’il est aussi bon romancier que noveliste. Il sait tisser des intrigues passionnantes et des personnages puissants, aussi attirants qu’inquiétants.

Note 3.5

De toutes les saisons, Adara préférait l’hiver car, lorsque le froid envahissait le monde, le dragon de glace surgissait. D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait de grandes ailes de chauve-souris, couleur azur, translucides. A travers, Adara discernait les nuages, et parfois la lune et les étoiles, lorsque la bête tournoyait dans le ciel. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. Le dragon de glace insufflait la mort au monde, la mort, le silence et le froid. Mais Adara n’avait pas peur. Elle était fille de l’hiver, et le dragon de glace était son secret.

Comme s’il ne lui suffisait pas d’être aussi à l’aise en fantasy qu’en science-fiction ou en fantastique, il se trouve que G. R. R. Martin manie également avec un égal talent les longues séries du type « Trône de fer », que les textes courts du genre novella ou nouvelles. Le recueil « Dragon de glace » paru aux éditions Actu-SF (a qui ont doit aussi les parutions de « Skin trade » ou encore « Le Volcryn ») en est bien la preuve. Le lecteur y découvre quatre textes, tous très courts (même pour des nouvelles) mais surtout de qualité, dont les deux premiers appartiennent clairement à la fantasy tandis que les deux suivants relèvent davantage du fantastique. Le recueil s’ouvre avec un conte poétique et envoûtant, « Le dragon de glace », dans lequel on découvre l’histoire d’Adara, fillette de l’hiver entretenant un lien très spécial avec la saison froide et le dragon de glace qui ne manque pas d’apparaître chaque année à cette même période. A cette nouvelle suit « Dans les contrées perdues », où l’on accompagne la mystérieuse Alyse la Grise dans sa quête du secret de la transformation des loups-garous dans l’inquiétant territoire des Contrées Perdues.

Après ces deux textes très agréables suivent deux nouvelles récompensées respectivement par le prix Bram Stocker et le prix Nebula. Avec « L’homme en forme de poire », G. R. R. Martin nous offre le récit du calvaire d’une jeune femme à la fois fascinée et terrorisée par l’un des locataires de son immeuble, un mystérieux et répugnant homme en forme de poire qui semble attendre d’elle quelque chose… Il s’agit peut-être là du texte qui m’a le moins enthousiasmée, même s’il est difficile de ne pas rapidement se laisser prendre par cette histoire oppressante qui gagne en intensité à mesure que s’installe une ambiance de plus en plus inquiétante. Le recueil se termine enfin avec « Portrait de famille », sans doute la meilleure nouvelle du recueil qui nous plonge dans l’esprit tourmenté d’un écrivain à succès en froid avec sa fille unique et entretenant un lien particulier avec les personnages de ses romans. Tour à tour émouvante, glaçante, surprenante, la nouvelle séduit tant par la qualité de ses protagonistes que par l’originalité de la réflexion proposée portant sur les relations ambiguës entre auteurs et personnages.

Voilà un bien beau recueil que ce « Dragon de glace » qui nous permet de découvrir d’autres facettes du talentueux et prolifique G. R. R. Martin qui n’a décidément pas son pareil pour créer des univers captivants, des ambiances sombres et angoissantes, et surtout des personnages complexes qui sonnent toujours justes et vrais. Nul doute que les amateurs de l’auteur ne manqueront pas d’être séduit par ces quatre poignantes nouvelles, dont certaines sont d’ailleurs déjà parues dans des revues telles Bifrost ou Asphodale. Avis aux amateurs…

Autres critiques : Adlyn Loompa (Livres & petits papiers) ; Célindanaé (Au pays des cave trolls) ; Lutin82 (Albédo – Univers imaginaires) ; Xapur (Les lectures de Xapur)

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Publié le 25 octobre 2013, dans Fantastique, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 3 Commentaires.

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