Stairways to hell

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Titre : Stairways to hell
Auteur : Thomas Day
Nouvelles : Extermination Highway ; Dirty Boulevard (ou la transgression selon Maleki Neko) ; Punishment Park
Éditeur : Le Bélial
Date de publication : 2002

Synopsis : Ils sont trois, ils se prénomment Thomas. Déchus du Royaume, ils recherchent l’Amour. Le premier est en prison pour un crime raciste qu’il a bel et bien commis. À sa sortie, il fait la connaissance d’une amérindienne qui va lui montrer sa véritable nature. Car cet homme est aussi un loup, qui déambule dans les carcasses automobiles d’Extermination Highway. Le deuxième est médecin urgentiste à Paris. Alors que la crise conjugale guette, il découvre le petit monde interlope des catacombes et de des carrières. Là, il rencontre Maneki Neko, actrice porno et sorcière, grande spécialiste de la transgression. Le dernier est écrivain, du moins c’est ce que croit son entourage. En réalité, il s’agit d’un imposteur hanté par le fantôme de celle à qui il a tout volé, une certaine Eddie qui s’apprête à le guider jusqu’aux escaliers qui descendent vers l’enfer.

Note 3.5

Quelles que soient les ruelles que nous arpentons ; les boyaux dans lesquels nous rampons ; les voies ferrées, de fer et de rouille, que nous longeons ; les filles, bandantes ou moches, que nous baisons ; les toits souillés sur lesquels nous aimons déambuler ; notre ennemi reste le même, pour toujours et à jamais. Nous n’avons qu’un ennemi : la réalité. Une ennemie, car s’il est un principe féminin, c’est bien celui-là. Au final – au moment où le livre des révélations s’ouvre à la bonne page – la condition humaine s’avère d’une étonnante simplicité, plus simple qu’un point, un cercle ou une ligne : nous n’avons qu’une ennemie et c’est la réalité.

Prolifique et talentueux écrivain français de fantasy, Thomas Day a su depuis longtemps se démarquer de ses petits camarades grâce à une écriture très directe et sans concession. Et bien autant vous dire qu’aucun des écrits pourtant parfois assez « trash » de l’auteur n’arrive à la cheville des trois nouvelles proposées dans « Stairways to hell », recueil regroupant des textes qu’il qualifie lui-même comme étant les plus violents qu’il ait jamais écrit (même si, depuis 2002, on lui doit notamment un autre recueil, « Women in chains », qui pourrait certainement faire concurrence à celui-ci). Après un avant-propos au titre évocateur qui a d’ailleurs donné son nom à l’ouvrage (« Mes escaliers pour l’enfer ») et dans lequel l’auteur entreprend en quelques lignes d’expliquer sa démarche et de prévenir son potentiel lecteur de la noirceur de ce qui va suivre, s’enchaînent donc trois histoires : celle d’une rédemption, puis d’une transgression et enfin d’une damnation. Descente aux Enfers, l’expression est ici parfaitement appropriée. Si la première nouvelle frappe, certes, par sa dureté, on y trouve cependant une note d’espoir, une lumière bienvenue dans ce monde de stupre et de violence que nous dépeint l’auteur. Les deux suivantes en revanche ont vite fait de nous faire déchanter et nous laissent sonnés, horrifiés.

« Extermination Highway » est sans aucun doute le texte le plus optimiste du recueil et celui que j’ai le plus apprécié. On y découvre le personnage de Thomas (prénom également donné aux protagonistes des deux autres nouvelles), condamné à la prison pour crime raciste et dont la haine s’exprime en secret sur une autoroute qui peuple son imaginaire où il règne en tant que Seigneur des Loups. L’auteur en profite d’abord pour nous donner une description très détaillée et horrifiante du milieu carcéral, mais la seconde partie, prenant cette fois place dans un décor naturel plus accueillant, offre une bouffée d’air frais appréciable. Aucun répit toutefois dans « Dirty Boulevard » qui nous entraîne dans les bas-fonds les plus sordides de la ville de Paris aux côtés de Thomas, envoûté par la provocante Maneki Neko, qui ne nous épargne rien de ses expériences sexuelles, certains passages relevant de la pure pornographie. On touche (si possible) encore davantage le fond avec « Punishment Park », nouvelle glaçante dont certaines scènes sont véritablement insoutenables tant elles recèlent de noirceur et de brutalité. Et pourtant, malgré toute cette violence, chaque texte recèle une certaine beauté, de petits moment de poésie qui rendent les écrits de Thomas Day si inoubliables et ses personnages, aussi horribles ou pervertis soient-ils, profondément humains et touchants.

Le meilleur résumé de l’ouvrage reste celui proposé dans la postface du recueil (« Blanche Neige au pays du grand méchant loup ») par Olivier Girard : « Trois contes, trois histoires d’un amour fou et désespéré, trois histoires du rapport à l’amour, trois héros qui ne sont qu’un (…) Voilà ce qu’est Stairways to hell ». Un grand merci à Verdorie de Babélio pour m’avoir permis de découvrir ce roman coup de point qui me hantera longtemps.

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Publié le 8 octobre 2013, dans Fantastique - Horreur, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Theodora verbunt

    Conquise…peu de temps avant vous Boudicca 😉

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