Furor

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Titre : Furor
Auteur : Fabien Clavel
Éditeur : Nouveaux Millénaires
Date de publication : 2012

Synopsis : Des soldats romains, perdus dans la forêt de Teutobourg après la défaite du même nom, tombent sur une zone très étrange, où ils croisent des tribus de créatures humaines, mais monstrueuses. Même la végétation, à la fois différente et familière, semble se moquer d’eux. Et puis ils découvrent une construction pyramidale telle qu’’ils n’’en ont jamais vu. Les Égyptiens eux-mêmes seraient incapables d’’un tel travail de précision, et pour ce que les Romains en savent, ces derniers ne disposent pas d’’un matériau de construction aussi solide, aussi lisse, noir comme de l’’obsidienne… Et quel est cet étrange symbole apposé sur l’’édifice, ce cercle entouré de trois hélices ?

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Le légat Caecina ne quitte pas son imperateur des yeux. Sans doute sait-il aussi quels secrets mystérieux cette forêt renferme. C’est ici que repose les mânes de l’Alouette, la Ve Légion, que les Sicambres, alliés des Tenctères et des Usipètes, ont massacrée jadis. Ils ont volé leur aigle, comble de l’humiliation. Plus tard, Drusus, le propre père de Germanicus, y a subi l’assaut des Marses révoltés. Et puis, honte suprême, il y a eu le désastre de Varus, dont le nom se murmure plutôt qu’il ne se dit, comme si l’on craignait que les Cherusques ne surgissent de nouveau des profondeurs des bois de Teutoburgium.

9 après J.-C. Trois légions commandées par le général Varus pénètrent dans les forêts de Germanie afin d’y asservir les peuplades « barbares » résistant encore à l’expansion de Rome. Trois légions qui ne reviendront jamais, massacrées par les Germains menés par Arminius qui infligea là aux Romains l’une des défaites les plus marquantes de toute leur histoire. C’est à cette bataille de Teutobourg que Fabien Clavel a choisi de consacrer « Furor », roman original mêlant curieusement histoire antique et science-fiction. Car dans cette sombre forêt germanique, les Romains en viennent à tomber par hasard sur un mystérieux édifice : une pyramide enfouie telle qu’ils n’en ont jamais vu et à laquelle on prête de bien étranges pouvoirs. Quatre protagonistes se succèdent (toujours dans le même ordre) à la narration : Longinus, vénateur romain, Marcus, centurion vétéran, Caius Pontius, tribun passionné de poésie, et enfin Flavia, prostituée germaine asservie par les Romains. Chacun bénéficie d’une personnalité fouillée et attachante à laquelle l’auteur nous familiarise par le biais de passages à la première personne isolés du reste du récit par leur forme italique et leur absence totale de ponctuation. Le choix est, certes, discutable et parfois déstabilisant mais a au moins le mérite de faire bien saisir au lecteur la confusion et la peur ressenties par chacun des protagonistes.

Les deux premiers tiers du roman raviront sans aucun doute les amateurs d’histoire, et notamment d’histoire militaire, tant les détails concernant les formations tactiques, les stratégies, l’armement, les grades… témoignent de la rigueur et de l’abondance des recherches de Fabien Clavel. La dernière partie du roman, en revanche, bascule complètement dans le domaine de la science-fiction, transition bien amenée par l’auteur mais néanmoins assez rude. Même ici, le lecteur parvient cela dit aisément à ressentir la formation classique de Fabien Clavel qui multiplie au fil du récit les références mythologiques et historiques, et nous offre à plusieurs reprises des vers tirés des œuvres de grands poètes antiques tels Virgile, Ovide, Catulle… Il s’agit cependant à mon sens de la partie la plus faible du roman, l’action ayant tendance à s’y faire plus lente et les ressentis des personnages un peu moins captivants. De même, la fin m’a légèrement déçue car n’offrant aucune véritable réponse : quant bien même le lecteur aura vite compris la nature de cette étrange pyramide, il aurait été intéressant d’avoir davantage d’explication concernant sa présence dans cette Germanie du Ier siècle. Fabien Clavel se rattrape cela dit en ouvrant de nouvelles perspectives pour ses personnages, perspectives qui ne manqueront pas de ravir les passionnés de l’Antiquité.

« Furor » se révèle au final un roman original qui séduira aussi bien les amateurs d’histoire ancienne que de SF, même si les éléments relatifs à ce domaine m’ont parue un peu moins maîtrisés. Fabien Clavel est décidément un auteur aux multiples facettes que je me fais toujours un plaisir de lire, quel que soit le genre auquel il se consacre.

Autres critiques : Yossarian (Sous les galets, la plage)

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Publié le 27 juillet 2013, dans Science-Fiction, et tagué , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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